10/01/2010

LIVRES PARUS EN 2009

Le temps des métamorphoses de Poppy ADAMS

ROMAN PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait car on me l'a conseillé.
Je lui donnerai 9/10.
Quelques mots sur l'auteur : Je n'ai pas trouvé la date de naissance de cette écrivain et réalisatrice anglaise. On pourra cependant noter qu'elle est diplômée en Sciences naturelles de l'Université de Durham en Angleterre.  D'abord réalisatrice de documentaires pour la BBC et pour The Discovery Channel, elle se consacre aujourd'hui à l'écriture. Elle vit à Londres avec son mari et ses trois enfants. "Le temps des métamorphoses" est son premier roman.
RESUME : Virginia Stone n'a plus vu ni parlé à sa soeur Vivien depuis une bonne cinquaine d'années. Elle vit isolée depuis tout ce temps-là dans le manoir familial à Bulburrow Court se réfugiant dans les souvenirs familiaux  et l'étude des lépidoptères (chenilles) qui l'ont toujours passionnée. Mais sa soeur décide de revenir sur les lieux de son enfance alors qu'elle est devenue aussi une vieille dame. Elles se retrouvent un peu comme deux étrangères, l'une tellement ancrée dans ses habitudes et sa solitude et l'autre toujours tournée vers l'extérieur et l'action. Comment vont se passer ces retrouvailles ? Arriveront-elles à s'expliquer sur ce qui les a séparé pendant si longtemps ?
MES IMPRESSIONS : J'ai eu l'impression de me retrouver progressivement dans une nouvelle d'Hitchcock. Le suspens est garanti tout au long du livre. Ce roman pourrait être comparé à "Prodigieuses créatures" de Tracy Chevalier (histoire vraie par contre), qui figure dans mon blog , pour toute la description scientifique : l'une sur les fossiles et l'autre sur ici sur l'entomologie. Contrairement à d'autres lecteurs, j'ai apprécié ces parties sur les lépidoptères et leur étude car il me semble apprendre quelque chose alors que je suis en train en même temps de me consacrer à un livre intriguant et romancé.  Le déroulement de l'action se fait en deux temps puisque l'écrivain décrit à la fois le présent et les retours sur le passé. Dans le même ordre d'idée et pourtant très différent, les descriptions du lieu me font penser à un autre livre lu récemment "Le goût des pépins de pomme" de Katharina Hagena. D'un chapître à l'autre, on découvre chaque femme dans son environnement actuel puis avec un retour sur les évènements du passé et les rôles qu'elles y ont joué. Dans "Le temps des métamorphoses", on assiste à un vrai drame psychologique familial où le manque de confiance et de partage va entraîner chacun dans une spirale infernale. Pourtant, tout avait bien commencé, si l'accident de Vivien tombée du beffroi n'était pas arrivé. De là, chacun se construit, s'enferme dans son domaine et ne communique plus que superficiellement et dans une certaine violence. La jalousie, le manque d'amour ressenti, l'alcoolisme, la trahison, le mensonge, la folie vont s'entrechoquer pour ne plus former qu'une issue probablement fatale. Mais je n'en dirai pas plus, cher lecteur, à vous de vous faire une idée de cet ouvrage profondément très envoûtant et inquiétant.

Les invités de Pierre ASSOULINE


ROMAN PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait par le fait qu'on me l'a offert.
Je lui donnerai 2,5/5.
Quelques mots sur l'auteur : Pierre Assouline est né au Maroc en 1953. Après son enfance passée à Casablanca, il fit ses études à l'Université de Nanterre et à l'Ecole des Langues Orientales. Après un début de carrière journalistique dans diverses agences, il entre en 1980 en littérature : conseiller littéraire des Editions Balland, journaliste puis rédacteur en chef en 1993 du magazine "Lire". Il sera aussi chroniqueur de façon ponctuelle. Il écrira plusieurs biographies dont en voici quelques unes : Marcel Dassault (1983), Gaston Gallimard (1984), Jean Jardin (1986), Kahnweiler (1988), Albert Londres (1989), Simenon (1992) et Hergé (1996). Il écrira aussi quelques romans dont "Le fleuve Combelle" en 1997, "La cliente" en 1998, "Double vie" en 2002, "Lutetia" en 2005 qui a reçu le Prix des Maisons de la Presse, "Le portrait" en 2007. La même année, il sera le 26ème lauréat du Prix de la langue française. Puis en 2009, paraît "Les invités".
RESUME : Pour éviter de recevoir un dîner de 13 convives au sein de la grande bourgeoisie parisienne, Madame du Vivier (dit Madamedu) improvise à la dernière minute la présence d'une quatorzième personne.
MES IMPRESSIONS : Le thème de ce livre au premier abord me séduisait particulièrement car j'aime les ambiances dans les milieux privilégiés, l'étude des moeurs m'intrigue aussi entre les personnages. On assiste souvent à des scènes croustillantes qui font souvent sourire. Et pourtant, malgré les nombreuses anecdotes, les descriptions diverses, les rapports de communication entre les convives, il manquait le petit truc pour relever ce dîner, disons ce récit. Je vais sans doute être sévère en disant que ce livre a été pour moi sans goût ni saveur, plat et sans relief. Il n'y a pas eu cette note d'humour que j'attendais. Le style m'a paru lassant, je n'ai pas vraiment réussi à rentrer dans l'atmosphère du roman. Pour conclure, je n'ai pas été vraiment passionnée.

L'Ecole des saveurs d'Erica BAUERMEISTER

ROMAN PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 5/10.
Quelques mots sur l'auteur : Erica Bauermeister est une écrivain américaine née en 1959. Elle a obtenu un Doctorat à l'Université de Washington. Elle a enseigné l'écriture et la littérature. Elle est mariée et mère de deux enfants. Elle a co-écrit plusieurs ouvrages avec Holly Smith et Josse Larsen. Son premier roman, quelle a entrepris d'écrire lorsque ses enfants ont commencé à aller au collège, est "L'Ecole des saveurs" paru en 2009. Au cours de l'année 2011, elle a publié "Joy for beginners" (Joie pour des débutants).
RESUME : Lillian, petite fille, voit sa mère se renfermer sur la vie à la suite d'une dépression. Elle décide alors de redonner le sourire à sa mère en lui cuisinant de bonnes recettes. Elle s'affirme alors dans cette voie pour monter plus tard son propre restaurant et organiser un cours de cuisine en plus pour ceux qui ont envie de vivre une nouvelle expérience dans leur vie avec d'autres personnes.
MES IMPRESSIONS : Un bien curieux roman où les recettes de cuisine reviennent en permanence. L'auteur parle souvent de l'effet de la nourriture sur le psychisme de chacun et l'envie à son tour de confectionner de bons plats. Le livre est agréable à lire sans que ce soit de la grande littérature. Les caractères dépeints sont plutôt bien analysés et chacun trouve dans la cuisine un remède à ses soucis. Erica Bauermeister veut sans doute faire passer le message comme quoi s'investir dans un cours de cuisine, permet de s'échapper momentanément de la réalité de sa vie. Cela met en suspend tout ce qui est triste et problématique mais touche essentiellement la sensibilité de chacun des protagonistes. C'est un genre d'échappatoire à la morosité ambiante et finalement à la dépression. C'est une façon effectivement de voir les choses, pourquoi pas ? Toute activité très différente de ce que l'on fait est souvent une manière de s'évader de son quotidien. Livre récréatif mais pas vraiment intellectuel. Pour tous.

Journal d'une princesse à roulettes d'Emmanuel BELLUTEAU

DOCUMENT PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 3/5.
Quelques mots sur l'auteur : Emmanuel Belluteau, la cinquantaine, est père de cinq enfants dont une fille handicapée de 24 ans. Il est magistrat à la Cour des Comptes, Membre du Conseil d'Administration de l'Office Chrétien des personnes handicapées et du Conseil National du Handicap. Il est aussi chroniqueur à la revue "Ombres et Lumière". Il a écrit en 2004 "Aimez-vous comme je vous ai aimés. La bible dans le couple." En 2007, il fait publier "Quand la Bible parle du Handicap" et en 2009 "Journal d'une princesse à roulettes".RESUME : Récit de l'auteur qui parle à la place de sa fille Armelle qui est handicapée, lui donnant la parole alors qu'elle n'a jamais pu s'exprimer oralement ni par écrit au travers de ce livre.
MES IMPRESSIONS : Tout d'abord et parce qu'Emmanuel Belluteau a voulu répondre au livre de Jean-Louis Fournier "Où on va Papa ?", je peux témoigner de l'intensité des propos de son auteur à vouloir montrer que la vie est amour, foi et optimisme avec malgré tout un enfant handicapé. Il y a de très beaux moments vécus en famille, à l'église, qui recadrent bien l'ambiance tournée vers l'avenir et le bonheur. A son inverse, Jean-Louis Fournier est aigri et on le sent mal à l'aise avec ses propres enfants. On assiste alors à un climat beaucoup plus pessimiste et sans espoir. Je ne peux évidemment pas juger ces deux hommes et ce n'est pas l'objectif non plus, car ils ont leur croix, et qu ils n'ont pas d'autre choix que de la vivre et s'en accomoder. Mais ce que je vais rajouter c'est que j'ai mieux aimé la démarche littéraire humoristique de Jean-Louis Fournier. Il a certes un humour décapant mais les mots sont extrêmement bien choisis et comme il vit cette souffrance, il arrive bien à nous la faire partager. Son style sarcastique était innovant. Pour revenir au livre d'Emmanuel Belluteau, les illustrations ne m'ont pas trop plues. Je n'y ai pas été vraiment très sensible. Je pense qu'un troisième livre réunissant les qualités de coeur et d'écriture de ces deux pères écrivains pourrait en faire un livre parfait. Cela étant dit, le sujet est grave et mérite d'être traité avec finesse et espérance. A lire, c'est court et intéressant.

Les autres c'est rien que des sales types de Jacques A. BERTRAND

NOUVELLES PARUES EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait car je l'ai acheté par erreur en voulant acheter son dernier livre paru en 2015.
Je lui donnerai 6/10.
Quelques notes sur l'auteur : De son vrai nom Jacques-André Bertrand est un écrivain français né en Ardèche en 1946. Il est marié. Sa femme et lui se sont battus contre le cancer simultanément ce qui lui a valu d'écrire sur son combat contre la maladie dans "Comment j'ai mangé mon estomac" en 2014. Après un "bac philo", il entre à l'Ecole Supérieure de journalisme de Lille. Il devient alors journaliste professionnel durant une douzaine d'années avant d'entamer sa vocation d'écrivain. Il est l'un des papous de l'émission de France Culture "Des papous dans la tête". Il a écrit une vingtaine de romans  avec "Tristesse de la balance et autres signes" en 1983 pour aboutir en 1995 à son premier prix littéraire pour "Le Pas du Loup" dont il a reçu le prix de Flore. On pourra noter "L'infini et des poussières" vers 2000. En 2009, "Les autres, c'est rien que des sales types". En 2015, il publie "Brève histoire des choses".
RESUME : L'auteur énumère une vingtaine de portraits corrosifs et subtils avec un humour bien à lui : le touriste, le pauvre, le con, le Saint, le provincial et le parisien... le groupe....etc.
MES IMPRESSIONS : Après avoir été déçu par son dernier livre, je suis un peu rassurée sur ce titre-là que je trouve plus captivant et plus accrocheur. On sent que l'écrivain a travaillé la description de ses personnages en passant par l'étymologie et par l'humour. Les caractères décrits sont élaborés de façon originale et amusante ce qui donne du dynamisme à ce livre. J'attends donc à nouveau vos réactions et vos avis sur d'autres livres de Jacques A. Bertrand afin de mieux le connaître par vos commentaires souvent trop peu nombreux.



Le garçon en pyjama rayé de John BOYNE

ROMAN PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres. Je lui donnerai 9/10.
Quelques mots sur l'auteur : John Boyne est né à Dublin en Irlande en 1971. Il a fait des études de littérature, suit des cours d'écriture puis sera professeur à l'université d'East Anglia. A 20 ans, il commence à écrire et en particulier dans le Sunday Tribune. Son premier roman "The thief of time" date de l'an 2000, c'est le début d'une série de 7 romans dont le 4ème est "Le garçon en pyjama rayé". Ce dernier livre a reçu un grand nombre de prix comme le Irish Book Award Children's book of the Year ou le Irish Book Award Listener's Choice Book of the Year. Il a été traduit en 20 langues et a été adapté à l'écran par le réalisateur Mark Herman.
RESUME : Bruno 9 ans, qui vivait à Berlin avec sa famille dans les années 39-45, ne connaît pas véritablement les véritables fonctions de son père. Il va les découvrir petit à petit après leur soudain
déménagement dans un endroit isolé où il découvre par la fenêtre de sa chambre la présence d'hommes et d'enfants de tous âges qui vivent toute la journée en pyjama rayé. Il fera la connaissance dans ce camp de concentration, alors qu'il n'est pas censé être en contact avec ces gens-là, d'un jeune garçon de son âge Shmuel avec qui il se lie d'une très forte amitié.
MES IMPRESSIONS : Un roman bouleversant, plein de sensibilité, de souffrance et d'amour. Dans le contexte de l'extermination des juifs, l'écrivain fait bien ressortir l'aberration de ces atrocités auprès des enfants qui ne comprennent pas les comportements des adultes. Le père de Bruno cache à son fils ses véritables fonctions qui sont la direction d'un camp de concentration. Les allers et venues dans leur maison de personnages en uniforme mettent cependant le petit garçon en alerte. Il ne se sent plus chez lui. De plus, les rapports avec ses parents ont toujours été entourés de zones d'ombre. Ses grands-parents qu'il a laissés à Berlin, ne semblaient pas du même avis que leurs enfants. Ils n'ont d'ailleurs pas suivi leur fils. Bruno va découvrir tout seul toutes les horreurs autour de lui sans vraiment tout comprendre, dans le livre on le fait passer pour un naïf. Il l'est sans doute puisqu'on ne l'a jamais informé mais il pose des questions qu'on élude plus ou moins, mais il a son sens de l'observation et son intuition qui vont le mener au coeur du problème. Ce livre est adapté à la jeunesse car il n'y a aucune scène violente même si elles peuvent être sous-entendues. Il s'agit bien d'un véritable roman qui n'a aucune référence historique et d'ailleurs, lors d'une interview, l'auteur s'en défend et souligne bien cet aspect de son livre. Je pense que les jeunes pourront lire ce livre sans appréhension et avec un grand intérêt car comme je l'ai lu à plusieurs reprises, il s'agit bien d'une fable.

J'étais franc-maçon de Maurice CAILLET


TEMOIGNAGE PARU EN 2009

Le choix de ce livre s'est fait car on m'en a parlé et, toujours dans l'intérêt de découvrir de nouveaux sujets de lecture, j'ai voulu cette fois-ci m'intéresser au sujet touchant à la Franc-Maçonnerie.
Je lui donnerai 7/10.
Quelques notes sur l'auteur : Maurice Caillet est né en 1933, sa famille d'origine chrétienne rejetait
toute religion et de ce fait n'a pas fait baptiser leur fils. Cet homme est un ancien interne des hôpitaux de Paris et ancien assistant de la faculté de médecine. Tout au long de sa carrière, il a exercé plusieurs activités médicales mais son métier principal a été chirurgien gynécologue et urologue. A 36 ans, début d'initiation pour être admis dans une première loge et progressivement devient membre actif du Grand Orient de France. Une quinzaine d'années plus tard, conversion à Lourdes vers la religion catholique qui va l'amener à quitter la Franc-Maçonnerie. Dans son oeuvre, on note : "Rien n'est impossible à Dieu" et "Catholique et franc-maçon, est-ce possible ?"
RESUME : Maurice Caillet raconte sa carrière et son parcours initiatique lors de son admission dans la Franc-Maçonnerie. Dans un second temps, on assiste à sa conversion à Lourdes vers la religion catholique qui va faire complètement basculer sa vie sur le plan spirituel, personnel et professionnel.
MES IMPRESSIONS : Avant tout, ce livre a été pour moi une découverte complète sur le milieu de la Franc-Maçonnerie. Certes, j'avais déjà entendu parlé de ce mot dans les media, mais cela restait relativement abstrait. J'ai appris à cette occasion en me renseignant que la Franc-Maçonnerie aurait été fondée en 1715 ou 1717 par deux pasteurs anglican et presbytérien résultant de la fusion de quatre loges (batisseurs de cathédrales) ceci à Londres et opposés à la primauté de l'évêque de Rome. Il y avait donc déjà une divergence qui se profilait avec l'Eglise. Au travers de cette lecture, j'ai remarqué aussi une connotation secrète et souvent négative face à cette corporation. On y pratiquerait de nombreuses formes d'ésotérisme et d'occultisme. Ce que j'ai pu observé aussi, c'est toute la partie de l'initiation qui n'est pas dépourvue d'intérêt pour la novice que je suis en la matière et qui m'a permis de voir le fonctionnement de cette organisation avec ses rites et ses symboles. Ce qui paraît d'autant plus intéressant, ce sont ces groupes de discussion sur bon nombres de sujets et thèmes divers et variés qui permettent le partage intellectuel entre des hommes cultivés et ouverts, mais avant d'y participer il faut être passé par le vote des membres. Evidemment, l'envers de la médaille m'est alors apparu par le côté sectaire que l'auteur a voulu démontrer au fur et à mesure de l'avancée du livre. Il s'est laissé prendre au jeu, très convaincu au départ, mais la révélation de sa foi en Dieu, lui a fait entrevoir les limites du système. A partir du moment où il a semblé s'éloigner des pensées de ses frères du Grand Orient, il n'a plus du tout trouvé de solidarité. Ces hommes avec qui il pensait avoir construit quelque chose, ne l'ont plus suivi ni aidé face aux obstacles croisés au cours de sa vie personnelle et professionnelle. Son souhait du départ aurait été de continuer à fréquenter les uns et les autres indifféremment. Cela a été une violente prise de conscience de voir que l'Eglise et la Franc-Maçonnerie étaient en complète opposition alors que certains adhérents seraient adeptes des deux simultanément. Ce que j'en tire finalement, c'est que la Franc-Maçonnerie est une corporation très importante de 140 000 adhérents environ d'après ce que j'ai pu lire, que c'est un groupe très influent dans la société d'aujourd'hui par le biais de plusieurs députés et sénateurs qui en font partie et qui véhiculent les idées préalablement développées au cours de ces réunions secrètes. Il semblerait que les décisions concernant l'IVG, la contraception, la banalisation du divorce ont fait partie des choix de la Franc-Maçonnerie. Ce qui n'est pas sans risque sur notre société aujourd'hui de savoir qu'une poignée d'hommes peut prendre des décisions sans que nous puissions intervenir et discuter ouvertement et choisir tous ensemble. Pour conclure, j'ajouterai que ce témoignage a été courageux vues les réactions qui ont suivi à l'encontre de cet homme de bonne volonté et travailleur. La partie qui concerne sa conversion montre la grâce qui l'a touché brutalement ainsi que sa femme qu'il épousera religieusement par la suite. Ils sont déterminés tous les deux à comprendre ce qui leur arrive et leur combat pour s'en sortir invite à réfléchir. On peut aussi s'interroger sur l'influence certaine de la Franc-Maçonnerie dans notre monde d'aujourd'hui et sur l'avenir des hommes qui en font partie ? Pourquoi cette forme d'association doit-elle rester secrète ? Toutes ces questions, je vous les soumets et j'attends vos réactions qui ne manqueront pas d'être certainement intéressantes pour éclairer tous ceux qui ont voulu approcher ce secteur.

Chaque pas doit être un but. Mémoires. de Jacques CHIRAC et Jean-Luc BARRE

TEMOIGNAGE OU LIVRE PARU EN 2009
Le choix de ce livre a eu lieu car il en a été fait un grand battage médiatique et qu'en tant que blogueuse avertie il me fallait être dans l'actualité.
Je ne note pas en général les livres d'ordre politique mais je peux dire qu'il se lit très facilement.
Quelques mots sur les auteurs :
Jacques Chirac est né à Paris Vème en novembre 1932. C'est un homme d'état français de droite. Il a épousé Bernadette Chodron de Courcel en 1956 et aura deux filles de cette union Laurence et Claude. Voici quelques grandes dates le concernant : 1967 élu député de la Corrèze, 1974 Premier Ministre par Giscard d'Estaing (UDF), 1977 élu Maire de Paris (le premier et il le restera 18 ans), 1986 Premier Ministre par François Mitterrand (socialiste), 1995 élu Président de la République (RPR) face à Lionel Jospin (socialiste) et sera élu une seconde fois pour un second mandat en 2002 face à Jean-Marie Le Pen (Front National) jusqu'en 2007 où s'arrête sa vie politique selon ses volontés.
Jean-Luc Barré est un écrivain et historien français. Je n'ai pas trouvé sa date de naissance et les études qu'il a faites. Il est l'auteur par contre de nombreuses biographies dont "Philippe Berthelot" en 1998, "Devenir de Gaulle" en 2003, "Dominique de Roux, le provocateur"en 2005. On grouve aussi dans ses écrits "François Mauriac, biographie intime" (1885-1960) paru en 2009 ainsi que "Les mendiants du ciel" la même année. Il dirige par ailleurs la collection "Témoignages pour l'Histoire" aux éditions Fayard ainsi que la collection "Bouquins" aux éditions Robert Laffont.
RESUME : On trouvera dans ce premier volume des Mémoires de Jacques Chirac les 63 premières années de sa vie tant politique que personnelle. Il nous parlera de sa femme et ses filles de même que ses débuts dans la vie politique jusqu'à sa Présidence de la République en 1995.
MES IMPRESSIONS : J'ai voulu tout d'abord lire ce livre car lorsque Jacques Chirac est entré en politique dans le paysage français, je n'étais qu'une jeune fille qui voyait tout ça de très loin. Toute cette période fait partie de mon enfance et j'avais une vision toute diffférente du monde qui m'entourait, plus naïve aussi. Cette lecture m'a permis d'avoir un regard et un recul plus précis sur cette étape de notre histoire contemporaine. Certes, vous me direz que je n'en ai qu'une version, oui vous auriez raison, mais je suis ouverte à d'autres lectures qui me présenteront d'autres points de vue. De toute façon, cette version m'a intéressée car elle est co-écrite de façon active et vivante. C'est le témoignage d'une personnage de notre histoire qui a eu un parcours plutôt varié et qui a vécu les évènements réellement et directement en raison de sa position politique. J'attends la parution du second volume qui, parait-il, est en cours d'écriture.

La solitude du vainqueur de Paulo COELHO

ROMAN PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait car je connaissais déjà l'auteur d'une part et d'autre part que je l'avais entendu sur les ondes parler de son nouveau roman. Je lui donnerai 4/5.
Quelques mots sur l'auteur : Paulo Coehlo est né à Rio de Janeiro le 24 août 1947. Avant d'être écrivain, Paulo Coehlo a été dramaturge, metteur en scène, compositeur populaire de même que journaliste et scénariste pour la télévision. Il a publié plusieurs ouvrages dont "L'alchimiste", "La cinquième montagne", "Onze minutes" qui ont occupé les meilleures places des ventes tant au niveau national qu'international. On constate qu'en 1999 il est le second écrivain le plus vendu au monde. Au Brésil, il s'est vu décerner une place à l'Académie des Lettres ce qui équivaut à notre Académie Française. Il s'investit dans de nombreux programmes humanitaires, notamment pour l'Unesco. En 2006, paraît "Comme le fleuve qui coule" et en 2007 "La sorcière de Portobello". Son style est agréable, il aborde souvent des thèmes qui touchent à la spiritualité, la psychologie, la philosophie sans oublier son côté poétique.
RESUME : Paulo Coehlo nous emmène en plein Festival de Cannes où va se dérouler de mystérieux meurtres. Igor, l'amoureux blessé, Ewa son ex-épouse, Gabriela une future actrice en herbe, Jasmine une mannequin en quête de succès, Javits un producteur, Hamid Hussein un styliste parti de rien. Tous ces personnages vont être liés malgré eux à une seule et même histoire.
MES IMPRESSIONS : Dans un premier temps, j'ai été très déroutée par le nouveau style du dernier livre de Paulo Coehlo. C'est tellement loin de "L'alchimiste" par exemple qui m'avait beaucoup plu lorsqu'il était sorti. Ici, on est dans un véritable thriller rondement bien mené. L'intrigue s'installe très vite et plus on avance dans le roman, plus il faut lire vite. J'ai dû passer un temps certain pour lire les dernières pages d'une traite. A partir du moment où les morts se succèdent, on veut savoir comment les enquêteurs vont arriver à démasquer l'assassin. L'auteur nous donne plus d'informations que la police qui semble piétiner. Ainsi, on est avide de savoir comment tout va se dénouer. Pourquoi "La solitude du vainqueur" ? C'est toute la fin du livre qui est résumée dans cette phrase.

Confessions d'un banquier pourri de CRESUS avec la collaboration de Claire GERMOUTY

LIVRE PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait car on m'en a parlé et je voulais en savoir plus.
Je lui donne quand même une note de 6,5/10 bien qu'il ne fasse pas partie du registre "littérature" de mon blog.
Quelques mots sur les auteurs : Crésus : inconnu pour les non avertis puisqu'il s'agit d'un pseudonyme. Dans le livre, il s'appelle Damien. Il a fait partie de l'équipe de direction d'une grande banque française. Il s'est offert une revanche pour ceux qui l'ont empêché de gravir d'autres échelons. Il a été accompagné dans la rédaction de son livre d'une collaboratrice Claire Germouty.
Claire Germouty est journaliste, ex-rédactrice en chef à l'agence Capa. Elle a rencontré "Damien" lors d'un dîner parisien. Ils décident d'écrire ce livre à deux et Claude Durand, chez Fayard, a bien voulu prendre le risque d'éditer ce livre avec la garantie d'une confidentialité totale pour Damien. Pour l'anecdote, le livre aurait dû s'intituler "Confessions d'un parachute doré" mais le titre choisi "Confessions d'un banquier pourri" correspond mieux finalement à la réalité. On peut relever dans les dires de Claire Germouty "J'ai été écoeurée par ce que j'ai découvert". Cela l'a profondément motivée d'aborder ce sujet pour dénoncer une vraie mafia qui se considère supérieure dans le monde des finances. Cette minorité d'hommes veut de l'argent mais aussi et surtout essentiellement le pouvoir. Elle a aussi entendu lors des ses diverses rencontres beaucoup d'informations incroyables et en particulier quelqu'un lui dire : "Un trader, c'est un petit con à qui on a donné un sucre".  Au moment de sa sortie, ce livre a été plébiscité comme un best-seller et vendu à plus de 40 000 exemplaires.
RESUME : Le krach de septembre 2008 raconté par un banquier anonyme bien renseigné, nommé Damien pour la petite histoire et qui s'est avoué "pourri"en conclusion.
MES IMPRESSIONS : Elles ont été tout d'abord instructives. En lisant ce livre, je voulais simplement être informée sur ce monde très particulier qui est celui des banquiers et des traders. Ce milieu-là ne ressort pas du tout grandi après cette lecture et surtout on sent que notre monde est géré uniquement par une poignée d'hommes qui font ce qu'ils veulent de notre argent. Pour une fois, ce krach m'a permis une relecture des méthodes pratiquées pour spéculer en dépit des réussites et des faillites réelles des sites industriels et autres. L'achat et la vente des actions ne correspondent à rien finalement, tout est manigancé pour faire gagner de l'argent à une seule minorité qui est au courant de ces transactions à la limite de la fraude. L'objectif pour ces hommes est d'être le plus fort parmi tous ces requins et de faire un bon coup pour sa banque et pour soi. Cependant, où est l'humanité dans ces agissements et comment le monde peut-il avancer réellement dans ces conditions ? L'auteur de ce livre ne se cache pas d'être parti à la retraite avec une bonne somme d'argent (317 millions d'euros) qui le met à l'abri de tout besoin jusqu'à sa mort. A-t-il des scrupules ? Des états d'âme pour le reste de la population ? Aucun visiblement. Dans quel monde vit-on ?  L'auteur nous parle à la fois de sa vie personnelle même si elle doit être certainement tronquée, ses rapports naturels avec les autres banquiers, et toute une partie du mécanisme qui régit les transactions bancaires. Incontestablement, cette lecture nous informe. L'auteur de ce ces confessions nous fait vivre en direct ce qu'il se passe dans sa banque avec le comportement des hommes toujours méfiants entre eux et envers le monde extérieur et qui agissent tout le temps dans le secret. Un livre pas très édifiant pour nos banquiers mais qui nous éclaire sur leurs comportements et sur la gangrène qui règne sur le système financier mondial et qui n'est pas prêt de s'arrêter sans doute. Très facile à comprendre même si les montages et mécanismes financiers sont parfois un peu complexes pour un débutant, ce livre se lit comme un polar. Il est vivant et plein d'anecdotes.

Le sourire de Claire DAUDIN

ROMAN PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 7/10.
Quelques mots sur l'auteur : Claire Daudin est née en 1965. Elle est une ancienne élève de l'Ecole Normale Supérieure, agrégée et docteur en Lettres modernes. Elle enseigne à l'Institut Albert Le Grand à Angers. Dans ses ouvrages, on trouve "Dieu, a-t-il besoin de l'écrivain ?sur Péguy, Bernanos et Mauriac" paru en 2006, et son premier roman "Le sourire" est paru en 2009. Ce dernier livre a reçu la même année le Prix des journées du livre chrétien et en 2010 le grand Prix catholique de littérature.
RESUME : Ce roman met en scène Violaine et José qui vont se marier puis attendre leur premier enfant. Mais au cours de la grossesse, le couple apprend que leur futur enfant est atteint d'une maladie génétique incurable et qu'il ne vivra pas longtemps.
MES IMPRESSIONS : Une belle histoire bien écrite. On découvre tout d'abord la rencontre entre deux personnes qui ont eu des parcours très différents mais qui sont à la recherche de l'âme soeur. Ils construisent leur couple petit à petit, et semblent plutôt mâtures face à des familles inquiètes et surprises de cette union. Leur parcours sans faute pourtant va se trouver bouleversé par l'attente de leur premier enfant dont on découvre assez vite qu'il est atteint d'une maladie incurable. Ce qui est décrit dans ce roman ce sont les difficultés que va croiser le couple mais la famille élargie aussi qui a dû mal à accepter cet état de fait. La question de garder leur enfant va leur être posé par le corps médical  mais ils tiennent bon malgré la pression. Leur décision est unanime mais revêt une grande souffrance vite estompée par beaucoup d'amour pour l'enfant à naître et pour le couple qui apprend aussi à exister et continuer à vivre dans la douleur et l'espoir. L'auteur nous montre cet amour toujours présent et grandissant, et le sourire de Gilles, leur petit garçon va les récompenser à la veille de sa mort. Ce n'est pas un livre triste mais un genre de conte qui nous remet forcément en question sur la naissance d'un petit être qui ne peut pas choisir sa destinée et que l'auteur a décidé de faire vivre par un couple aimant et courageux.

La grand-mère de Jade de Frédérique DEGHELT

ROMAN PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 9/10.
Quelques mots sur l'auteur : Je n'ai pas trouvé beaucoup d'information sur cette écrivain. C'est avant tout une journaliste et réalisatrice de télévision française qui est devenue écrivain par la suite. Dans un interview, elle a évoqué qu'elle écrivait pour le plaisir depuis l'âge de 12 ans sans pour autant devenir romancière dans son avenir. Elle a publié en 1995 "La valse renversante", en 2007 "La vie d'une autre" et "Je porte un enfant et dans mes yeux l'étreinte sublime qui l'a conçu". En 2009, parait "La grand-mère de Jade".
RESUME : Jade, trentenaire célibataire qui vit à Paris, enlève in extremis sa grand-mère de 80 ans Jeanne, surnommée Mamoune, avant son entrée dans une maison de retraite choisie par ses propres enfants, suite à un problème de santé qui nécessitait qu'elle ne reste plus seule. Le roman est écrit à deux voix : la petite fille d'un côté, la grand-mère de l'autre. Leur histoire va faire naître entre elles une immense complicité.
MES IMPRESSIONS : J'ai beaucoup aimé ce livre qui est tout d'abord très touchant. L'écrivain décrit admirablement la complicité naissante entre la grand-mère et sa petite fille. Elles se découvrent petit à petit et malgré leur différence d'âge, elles trouvent beaucoup de points communs. Certes, il y a un rythme à adopter pour s'apprivoiser à vivre ensemble mais chacune y met du sien pour convenir à l'autre. Le fait d'avoir écrit à deux voix rend le roman vivant et on a les impressions de chacune face aux évènements qui se déroulent tout au long de l'histoire. Jade sauve sa grand-mère de la maison de retraite : ce choix n'est pas sans conséquence sur sa vie personnelle, même si Mamoune se fait la plus petite possible. Finalement, malgré la gêne occasionnée, toutes les deux vont pouvoir trouver leur épanouissement dans leurs activités et vie amoureuse. Tout est dans le respect de l'autre et accepter de rester discret sur ce qu'il entreprend de faire. C'est beau de voir ces deux femmes s'organiser et apporter à l'autre ce qui lui manque. L'une représente la jeunesse et la bonne santé, l'autre la maturité et la sagesse. Le livre devient de plus en plus poignant car chacune des deux femmes se découvrent et arrivent à imposer finalement ses choix individuels. Elles se conseillent avec tact sans pour autant décider pour l'autre. Elles s'admirent aussi mutuellement mais elles ne se l'avouent pas. Elles se construisent à deux et elles construisent ensemble. J'ai été personnellement emportée dans cette lecture tout simplement belle à entendre, charmante, pleine de tendresse et nourrissante. Je n'ai pas été déçue et je vous la conseille à vous aussi cher lecteur.
Dans un autre style et sur le même thème, vous trouverez dans mon blog en 2008 : Le roman d'Alia de Catherine Hermary-Vieille.

Mère de coeur de Robert DELACOUX

ROMAN PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait car Robert Delacoux me l'a offert alors que j'avais déjà lu son premier livre"Le lance-pierres" il y a quelques temps et qui m'avait plu.
Je lui donnerai 3,5 à 4/5.
Quelques mots sur l'auteur : Robert Delacoux est né en 1937. Son métier a été tailleur de pierres. Il se lance dans l'écriture tardivement à l'aube de la retraite, activité qu'il préparait depuis plusieurs années. De l'imagination et des idées, il en a et veut les faire partager à ses lecteurs. Il a publié en 2006 "Le lance-pierres" et en 2009 "Mère de coeur" et "Plus qu'un métier, une passion : Tailleur de pierres".
RESUME : Armelle et Daniel viennent de se marier. Ils sont plein de projets mais le destin va en décider autrement. Ils se tournent vers l'adoption, leur peine étant trop immense de ne pouvoir fonder une famille. Le Vietman va leur ouvrir les portes de leur orphelinat et du bonheur. Ce bonheur tant attendu va basculer d'un seul coup vers un drame dans lequel la famille sera très éprouvée.
MES IMPRESSIONS : J'admire la persévérance de l'écrivain qui a écrit ces lignes car il y met tout son coeur. Je sais que c'est un travail immense d'écrire et raconter une histoire n'est pas si simple. Bien sûr, je m'attarde ici sur la création d'un livre car le premier métier de notre auteur est tailleur de pierres. Oui, il a certainement pu faire travailler son imagination débordante lorsqu'il concevait une cheminée ou une stèle mais il a le mérite d'avoir réussi à coucher ses idées sur une feuille de papier jusqu'au bout sans se laisser impressionner par toutes les étapes à traverser. C'est courageux et certainement très gratifiant. Un nouvel écrivain est né mais la difficulté aujourd'hui est de se faire connaître. Tout le monde n'est pas "fils ou fille de" et faire sa propre promotion est hors de prix. Ma note de 3,75/5 est légèrement inférieure à celle de son premier livre car je pense qu'il y a quelques passages que j'ai trouvés un peu trop simples disons trop proche du langage parlé, un manque sans doute d'inspiration pour le début du roman. La partie à l'étranger et la fin du livre sont plus intéressantes.

Plus qu'un métier, une passion : Tailleur de pierres de Robert DELACOUX

ROMAN PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait car Robert Delacoux, auteur de "Plus qu'un métier, une passion : Tailleur de pierres", a voulu me faire partager une fois encore son oeuvre.
Je lui donnerai 4/5.
Quelques mots sur l'auteur : Robert Delacoux est né en 1937. Son métier a été tailleur de pierres. Il se lance dans l'écriture tardivement à l'aube de la retraite, activité qu'il préparait depuis plusieurs années. De l'imagination et des idées, il en a et veut les partager avec ses lecteurs. Il a publié trois romans l'un en 2006 "Le lance-pierres" et en 2009 "Mère de coeur" et la même année un roman autobiographique "Plus qu'un métier, une passion : Tailleur de pierres".
RESUME : Robert Delacoux nous raconte son enfance, son adolescence, la naissance de son métier qui est devenu au fil du temps une passion et un talent incontestable.
MES IMPRESSIONS : Oui, j'ai apprécié cette lecture car elle m'a appris beaucoup sur l'homme. Ses débuts dans une famille très modeste montrent une volonté extraordinaire et un courage exemplaire. A chaque fois qu'une difficulté est venue sur sa route, il n'a jamais baissé les bras bien au contraire, il a toujours rebondi. Toute cette vie difficile, il nous la raconte avec ses mots et sa personnalité. Mais voilà, ce qui m'a freiné pour lui mettre la note de 5/5 c'est d'une part le choix du titre de son livre qui, à mon avis, ne correspond pas tout à fait à son contenu. Pourquoi, me direz-vous ? Le métier de tailleur de pierres, il en parle bien mais trop peu, il ne représente que quelques dizaines de pages dans le livre. A mon goût, ce n'est pas assez. Tout un livre sur sa passion, c'est cela que j'attendais. Je pense qu'il pourrait nous en dire plus et peut-être basé d'une part sur la technique sans trop rentrer dans le détail mais aussi sur ce qu'il vit lui même lorsqu'il taille la pierres. Mais, c'est peut-être trop prétentieux de ma part, d'attendre une réfléxion philosophique sur la manière dont un tailleur de pierres fait son métier. Je suis peut-être dans l'erreur complète car pour moi c'est un métier d'artiste et lorsque l'homme crée il a toujours des choses à raconter. Un peintre aime décrire ses tableaux, il nous raconte une histoire. Un écrivain aime parler de son oeuvre et de l'interprétation qu'on peut lui apporter sur ce qu'il a écrit. Bref, il manquait un petit quelque chose mais le reste est bien rendu. On ressent bien toute l'époque de l'après-guerre où la pauvreté est omniprésente et le combat perpétuel pour s'en sortir. A la différence d'aujourd'hui cependant, on trouvait du travail beaucoup plus facilement, c'est très étonnant. A lire pour tous.

Le roman de Jeanne à l'ombre de Zola d'Isabelle DELAMOTTE

ROMAN PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait car on me l'a conseillé.
Je lui donnerai 8/10.
Quelques mots sur l'auteur : Peu d'information sur Isabelle Delamotte. Elle est titulaire d'un doctorat de littérature française et d'une licence en droit. Elle fait partie du groupe de recherche sur Emile Zola à Paris III et participe aux séminaires dirigés par Alain Pagès. Ses thèmes de recherche sont la médecine, le malade et le médecin dans l'oeuvre de Zola. Elle a publié en 2003 : "Le médecin des dames" puis en 2009 "Le roman de Jeanne à l'ombre de Zola".
RESUME : C'est l'histoire durant la France du XIXème siècle de Jeanne Rozerot, la femme illégitime d'Emile Zola, mère de ses deux enfants Denise et Jacques.
MES IMPRESSIONS : J'ai beaucoup aimé ce roman historique. On voit Emile Zola sous un jour fragile et humain, pas le grand écrivain, l'homme qui voulait combattre les injustices. On sent qu'il est tiraillé entre l'amour de deux femmes qui ont égayé sa vie. Sa femme légitime dont il n'a pas eu d'enfant est obligée de se battre pour le garder mais en même temps, il semblerait qu'il tient à elle mais elle ne lui facilite pas sa  double vie avec Jeanne et ses deux enfants. Il découvre plus de fraîcheur, de jeunesse chez Jeanne qu'il aime et qui lui donne la joie d'être père. Alexandrine Zola est la femme qui l'accompagne dans sa vie d'homme publique mais elle a des colères homériques face à la jalousie qu'elle ressent pour Jeanne qui avait travaillé pour elle et qu'elle connait bien par ailleurs. Ce qui est tout de même admirable, c'est de voir qu'elle a voulu faire la paix avec sa rivale à la mort de Zola. Ainsi, elles ont pu élevé les deux enfants, l'une en tant que mère biologique et l'autre par son soutien financier qui était nécessaire pour leur éducation. C'est un livre vivant et agréablement écrit. Il nous apprend des faits historiques et permet de mieux retenir la vie d'Emile Zola sous un angle plus familial. Pour les jeunes et les moins jeunes.

Robert Badinter, l'épreuve de la justice de Pauline DREYFUS



BIOGRAPHIE NON AUTORISÉE PARUE EN 2009                        
 Le choix de ce livre s'est fait car il m'a été offert.
Je lui donnerai 8/10.
Quelques mots sur l'auteur : Pauline Dreyfus a écrit la première "biographie non autorisée" de Robert Badinter. Tous les deux en avaient convenu ainsi pour qu'elle garde sa liberté d'auteur. Je n'ai pas trouvé d'informations sur cette femme née probablement en 1970 d'après quelques précisions lues dans l'avant-propos du livre mais elle n'est ni écrivain, ni historienne, ni juriste, ni mitterrandiste mais sa démarche est celle d'une romancière.
RÉSUMÉ : Pauline Dreyfus a pensé qu'il était temps d'écrire sur l'homme de gauche Robert Badinter, l'homme discret qui a fait abolir la peine de mort en France en 1981 et qui n'a jamais voulu écrire ses Mémoires.
MES IMPRESSIONS : Culturellement, j'ai appris beaucoup dans ce livre. Je ne me suis jamais, auparavant, véritablement intéressée à la vie de cet homme de loi né en 1928, et aujourd'hui cela m'a ouvert l'esprit. Les nombreuses questions qu'il s'est posées tout au long de sa vie et de sa carrière méritent notre attention. Ce sont des sujets graves qui nous concernent tous. J'ai perçu un homme très ambitieux, d'une intelligence au-dessus de la moyenne, un orateur très performant qui faisait peur à ceux qui se trouvaient en face de lui dans les tribunaux. Il est incontestablement doué. Cependant, on apprend que c'est un personnage distant, discret, sec et peu liant. Il est très sensible derrière sa carapace. La mort de son père en déportation l'a marqué à jamais et la cause des juifs ne l'a jamais quitté. C'est un être très volontaire, travailleur qui ira toujours jusqu'au bout de ses engagements. Ses principales convictions sont le respect de l'homme, sa dignité et son droit à la vie et non à la mort quelles que soient les circonstances, de même qu'il est contre la prison comme elle est proposée aujourd'hui, surpeuplée, destructrice, sans confort et insalubre. Il est pour une prison qui laisse la chance à l'homme de se réinsérer dans la société le mieux possible, un espace très humanisé qui suscite forcément de nombreuses polémiques dans les milieux de droite entre autre mais pas seulement. L'un de ses soutiens a été François Mitterrand qui a partagé de nombreuses réflexions intellectuelles avec lui, le nommant ministre de la Justice dans son gouvernement. Je conseille ce livre car il est abordable pour tous, facile à lire pour les non initiés à la justice et surtout très vivant et actuel. Il ne laisse jamais le lecteur en repos, les sujets s'enchaînent agréablement et pas de place pour l'ennui.

La marche consulaire d'Alain DUHAMEL

LIVRE POLITIQUE PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait par le prêt d'une personne qui le possédait.
Je lui donnerai 1/5.
Quelques mots sur l'auteur : Alain Duhamel est né à Caen en 1940. Il a été chroniqueur au Monde depuis 1963 et à Libération depuis 1992. Il anime depuis 1970 les émissions politiques sur Antenne 2 puis France 2. Ayant déclaré aux dernières élections présidentielles sa préférence à François Bayrou, il a été suspendu d'antenne jusqu'à la fin des élections. En 2006, il a fait paraître "Les prétendants" où il avait omis de parler de Ségolène Royal finalement désignée comme candidate au Parti Socialiste.
RESUME : Alain Duhamel a étudié dans son livre toutes les caractéristiques de la politique de Nicolas Sarkozy ainsi que sa personnalité en essayant de les comparer avec celles de Bonaparte.
MES IMPRESSIONS : Vraiment très décevantes. Ce livre est un tissu de banalités et de constatations évidentes et actuelles qui n'apportent et n'apprennent rien. Au début du livre, on a l'impression qu'il y a un début de travail de comparaison avec Bonaparte pour arriver finalement à la description unique du mandat et du personnage Sarkozy. Cette description qu'il a tenté de faire s'avère longue et sans surprise. Alain Duhamel s'autoproclame juge de qu'il observe. Son style est prétentieux, populiste et démagogique. On s'endort sur un ouvrage parfaitement insipide et sans saveur.

Ballets roses de Benoît DUTEURTRE

ROMAN PARU EN 2009
Le choix de ce roman s'est fait parce que j'avais déjà lu un roman de cet auteur qui m'avait beaucoup plu.
Je lui donnerai 4,5/5.
Quelques mots sur l'auteur : Benoît Duteurtre est un écrivain français né à Sainte Adresse le 20 mars 1962. Il est l'arrière petit-fils de René Coty, ancien Président de la République Française. Sa seconde passion est la musique, pianiste de formation, critique musical, producteur et animateur d'une émission de radio. A 15 ans, il commence à écrire, favorisé par des rencontres littéraires comme Armand Salacrou et Samuel Beckett. En 1985, première publication de "Sommeil perdu". Il a écrit une dizaine de livres dont : "Tout doit disparaître", "Gaieté parisienne", "Drôle de temps", "Les malentendus", "Le voyage en France", "Service clientèle", "La rebelle". En 2007, "La cité heureuse" et un essai "Ma belle époque". Enfin en 2008, il publie "Les pieds dans l'eau" et 2009 "Les ballets roses".
RESUME : Benoît Duteurtre nous relate dans ce livre l'affaire des "Ballets roses", scandale presqu'oublié des années 1959/1960 au cours de la IVème république. Les protagonistes : un pseudo-policier Jean Merlu qui sera condamné à 5 ans de prison ferme, de même que deux ou trois accolytes et et le Président de l'Assemblée Nationale André Le Troquer condamné à un an de prison avec sursis ainsi que l'amante de ce dernier qui a accepté de payer une amende sans faire appel. L'auteur a voulu rencontrer le dernier survivant de cette affaire Jean Merlu alors qu'il avait déjà purgé sa peine depuis des années pour étayer son enquête...
MES IMPRESSIONS : Par la lecture de ce livre dont j'apprécie l'auteur j'ai découvert un évènement même "scandaleux" qui a fait la une de cette époque-là comme aujourd'hui l'affaire d'Outreau et qui font partie de notre histoire. Cela m'a permis de façon amusante de me replonger dans les années 59/60, toute une époque dont j'ai entendu parler mais qui ne m'avait pas vraiment interpellé jusque-là. Après la lecture précédemment du livre "Les pieds dans l'eau" du même auteur qui racontait la vie de René Coty et sa famille, ce livre-là pénètre encore plus profondément dans la politique entre le Général de Gaulle, René Coty et André Le Troquer. On ressent toujours les conflits entre les hommes, les luttes d'influence et ceux qui tirent leur épingle du jeu. En l'occurence le grand gagnant a été le Général de Gaulle, René Coty restant relativement neutre et effacé, alors qu'André Le Troquer baigné dans des affaires de moeurs n'avait plus de pouvoir malgré son ambition du départ. Il s'est grillé les ailes mais la question reste en suspens : a-t-il été manipulé ? Avait-il toutes les cartes en main ? Pouvait-il véritablement inquiéter le Général de Gaulle ? Il semble que non, mais celui-ci s'est peut-être un peu inquiété à un moment donné voulant à tout prix fuir cet homme peu recommandable avec qui pourtant il a été en contact politiquement quelques années plus tôt. Benoît Duteurtre a su nous faire partager sa passion pour cette analyse durant les années 50 et nous faire part d'un pan de l'histoire de la France déjà oublié pour les nouvelles générations. A lire pour ceux qui n'ont pas peur des affaires de moeurs. Je ne me suis pas ennuyée, l'intrigue est constante.

Quand je serai grand d'Elise FISCHER

NOUVELLES PARUES EN 2009Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 2/5.
Quelques mots sur l'auteur : Elise Fischer est née le 13 juillet 1948 en Meurthe et Moselle d'un père lorrain et d'une mère alsacienne. Elle a travaillé pour France Catholique et Panorama en 1984 sans oublier ses interventions sur Radio Notre-Dame et son émission littéraire "Au fil des pages" sur RCF. En 1992, elle entre dans le groupe Bayard Presse et en 1999 devient éditrice du magazine "Côté femme". A partir de 2000, elle commence par rencontrer le succès avec son oeuvre en tant que romancière. Après quelques années à Paris, elle est repartie dans sa Lorraine natale. Elle est Présidente de l'Association des écrivains croyants d'expression française. Elle a écrit une vingtaine de livres dont voici quelques titres : Appelez-moi Jeanne (2007), Un rire d'ailleurs (2008), Un rire d'ailleurs (2009) et Quand je serai grand (2009).RESUME : Elise Fischer nous narre dans son livre diverses histoires permettant de faire le point sur les droits de l'enfant à travers le monde. En fin de volume, on trouvera la Déclaration de Genève de 1924, de 1959 et la Convention de 1989.
MES IMPRESSIONS : Pourquoi une note aussi basse ? Je me suis à vrai dire ennuyée durant cette lecture et je n'ai rien appris de nouveau. Tous ces faits divers morbides sont déjà amplement rencontrés dans la presse : travail des enfants, prostitution, excision... et j'en passe. Je suis sans doute blasée par toutes ces informations qui sont certes gravissimes mais trop loin de mes immédiates préoccupations. Il y a déjà tellement de misère en France proche de chez soi, des drames familiaux et autres qui nous côtoient et que l'on ne voit même plus tellement il y en a. Je viens de lire un autre livre sur les confessions de Soeur Emmanuelle qui m'ont beaucoup plus interpellées car l'action de cette religieuse s'est faite concrête dans les bidonvilles du Caire. Ecrire pour constater ne fait pas forcément avancer le problème, il faut de l'action et c'est cela qui m'a déçu dans ce livre, j'en suis désolée pour l'auteur qui ne m'a pas du tout séduite.

Les naufragés de l'île Tromelin d'Irène FRAIN

ROMAN PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 8/10.
Quelques mots sur l'auteur : Irène Frain est une journaliste, historienne et romancière française née à Lorient en 1950. Elle est agrégée de lettres classiques depuis 1972. Elle sera professeur en lycée et à la Sorbonne. En 1976, elle publie "Quand les bretons peuplaient les mers" puis "Les contes du cheval bleu les jours de grand vent". En 1982, elle reçoit le prix des maisons de la presse pour "Le nabab" écrit d'après la vie de René Madec. On trouve dans son oeuvre une vingtaine de romans dont "secret de famille" qui reçoit le prix RTL grand public en 1989. Elle co-écrit avec André Juillard pour son roman "La vallée des hommes perdus". Elle est aujourd'hui reconnue dans le monde de la littérature.
RESUME : Récit du naufrage de l'Utile qui eut lieu en 1761 au large de l'océan indien. Quinze ans plus tard, huit rescapés seront secourus par Jacques-Marie Lannuguy de Tromelin sur ce minuscule îlot perdu au milieu des vagues gigantesques et des fréquents ouragans. L'écrivain de bord, Dubuisson de Keraudic, apporta beaucoup d'informations et ses impressions sur le récit du naufrage et du séjour sur l'île de l'équipage et des esclaves malgaches. Cela permit d'étoffer le roman en complément des renseignements qu'elle avait pu trouver par les descendants des Tromelin.
MES IMPRESSIONS : Ce roman, à priori que je n'aurai pas lu de moi-même, m'a beaucoup plu. Non seulement il est bien écrit, non seulement c'est un évènement connu, mais il se lit en plus comme un véritable évènement. Tout le sens du livre prend son importance aujourd'hui car il nous fait remonter à la période de l'esclavage et simultanément au racisme. Cette histoire vraie démontre que sur terre il y a eu de tout temps des hommes précurseurs de la paix et de la justice. Par contre, se sont toujours dressés, devant eux, des murs d'incompréhension, de négligence, de lâcheté et l'envie de ne pas faire d'effort envers son prochain. Condorcet avait justement eu vent de cette affaire à l'époque et avait voulu la faire connaître, la dénoncer. Il avait voulu faire réfléchir sur "l'esclavage des Nègres" terme repris dans le livre page 322. Ses dires en tout cas ont fait s'interpeller d'autres hommes comme les philosophes des Lumières ainsi Bernardin, Castellan et Herga et ils ont pu retenir ces propos "Noirs et Blancs sont frères. Et l'esclavage est un crime" page 323. Il est évident que d'après les recherches d'Irène Frain et son équipe, Condorcet aux côtés de l'abbé Grégoire, Brissot, La Fayette et Olympe de Gouges fit son entrée dans "Société des amis des Noirs" page 323. Il avait voulu rappeler à la mémoire de tous "le honteux abandon des esclaves de L'Utile". Il mourut en 1794 mais aujourd'hui Irène Frain et d'autres essayent de faire remonter à la surface toute cette période pour la mémoire. Ecriture agréable et un passionnant récit dramatique qui tient en haleine le lecteur tout au long du livre. A lire absolument.

Hors champ de Sylvie GERMAIN

ROMAN PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait car j'avais apprécié cet écrivain au cours d'autres lectures.
Je lui donnerai 2,5/5.
Quelques mots sur l'auteur : Sylvie Germain est née à Châteauroux en 1954. Elle a fait des études de philosophie à la Sorbonne. En 1981, elle entre au Ministère de la Culture à la direction de l'audiovisuel et se met à écrire des contes et des nouvelles. Sur les conseils de Roger Grenier, elle écrit son premier roman "Le livre des nuits" publié en 1984. En 1989, elle est récompensée pour le roman "Jours de colère" par le prix Femina. Elle vit maintenant à la Rochelle où elle se consacre à son métier d'écrivain. Elle a un talent incontestable et a fait de sa passion un art de vivre au quotidien. En 2005, parution de "Magnus" et en 2008 "L'inaperçu". Pour finir en 2009, son dernier roman "Hors champ".
RESUME : Aurélien disparaît petit à petit de la société qui l'entoure. Il existe toujours en tant qu'être vivant mais son entourage ne le perçoit plus, ne lui adresse plus la parole pour l'ignorer complètement.
MES IMPRESSIONS : Pour la première fois, j'ai été déçue par ce roman de Sylvie Germain. Il est insipide, creux et sans objectif notable. On n'apprend rien, on ne ressent rien, on est déçu. J'ai essayé péniblement d'aller jusqu'au terme de l'histoire en espérant quelque chose de nouveau mais on reste tout le temps sur le même registre. En cherchant un peu, je me suis demandé ce que Sylvie Germain a voulu exprimer et j'en suis arrivée à la conclusion suivante c'est que chaque être humain n'est finalement pas si indispensable aux autres qu'il n'en paraît. Qu'une fois disparu du circuit, les autres vous oublient. Mais cela me semble bien incohérent car la mort qui nous sépare des êtres chers ne nous laisse pas dans une telle indifférence. C'est autre chose alors, c'est que des êtres sont inexistants aux yeux des autres : les rejetés, les parias, les pauvres, ceux qui ne servent à priori à rien et elle a voulu nous faire réagir là-dessus. Je suis en tout cas très hésitante à conseiller ce livre car il est pour moi inintéressant tout simplement. Ce n'est ni virtuel, ni réel, c'est incohérent et sans fondement. J'ai entendu l'écrivain dans une émission sur France Inter il y a quelques temps, et ses détracteurs étaient tous unanimes sur le désintérêt de ce livre, et ils se demandaient ce qu'elle avait vraiment voulu dire. Elle n'avait pas vraiment d'argumentation tangible en sa faveur. C'est décevant mais j'espère tout de même que son prochain roman sera à la hauteur du reste de son oeuvre tout à fait remarquable.

Le Club des Incorrigibles Optimistes de Jean-Michel GUENASSIA

ROMAN PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait à la fois dans ma tournante de livres et car on me l'a offert.
Je lui donnerai 8/10.
Quelques mots sur l'auteur : Jean-Michel Guenassia est un écrivain français né en 1950 à Alger. Il a été avocat durant 6 ans mais il a préféré vivre de sa plume au travers de scénarios créés pour la télévision. Il a tout de même publié un roman policier en 1986 intitulé "Pour cent millions" qu'il ne renie pas mais qui n'a pas eu la notoriété qu'on a connu pour "Le Club des Incorrigibles Optimistes" paru en 2009. Il faut ajouter pour l'anecdote que l'éditeur Albin Michel l'avait présenté comme le premier roman d'un inconnu de 59 ans.
RESUME : Le jeune Michel Marini, adolescent parisien de 12 ans, découvre par son frère aîné Franck un Club clandestin de joueurs d'échecs avec qui il va faire progressivement connaissance. Ces adultes qui se réunissent dans l'arrière salle d'un bar de Denfert-Rochereau, le Balto, sont tous échappés du bloc de l'est, soit réfugiés politiques soit en attente de papiers. Jean-Paul Sartre et Joseph Kessel viennent de temps en temps soutenir financièrement ces rescapés du rideau de fer. Par ces rencontres inédites, le jeune garçon va passer de l'insouciance à un véritable apprentissage de la vie, de l'amour, de la politique et des conflits sociaux.
MES IMPRESSIONS : Un très long roman où l'atmosphère rendue est intéressante. On s'attache aux personnages, l'auteur nous en livrant de véritables portraits. Tout d'abord, on entre dans le roman par la description dans toute son intimité de la famille de Michel, de la place de chacun entre les parents, les frère et soeur et les cousins. Dans un second temps, chaque joueur d'échecs nous est présenté dans une ambiance enfumée d'une arrière salle. Michel, sensé jouer au baby-foot dans la première pièce, s'infiltre à l'insu des ses parents dans ce milieu qui lui font découvrir la vraie vie, les problèmes du monde et de chacun. Je pense que c'est un roman qui marque car très inattendu. Cette expérience permet à Michel de mieux appréhender aussi ses propres soucis au sein de sa famille avec entre autre le déchirement de ses parents, la disparition de Franck et la mort de Pierre, frère d'une de leurs amies. Des personnes étrangères à sa vie peuvent l'écouter et le conseiller. Il faut du temps pour lire cet écrit de 750 pages mais je vous le conseille car il permet de s'évader dans les années 60, la France de la libération, la guerre d'Algérie et les 30 Glorieuses. Pour conclure, le style de Jean-Michel Guenassia est agréable, limpide et clair. J'ai pris beaucoup de plaisir à me plonger dans ce très long roman que j'ai eu du mal à quitter.

Jan Karski de Yannick HAENEL

ROMAN PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 3,5/5.
Quelques mots sur l'auteur : Yannick Haenel est un écrivain français né en 1967. Il a reçu une éducation militaire au Prytanée National de La Flèche. Il a été professeur de français jusqu'en 2005. La même année, il codirige la revue littéraire "Ligne de risque" avec François Meyronnis. Il s'est inspiré dans son oeuvre de plusieurs personnalités comme Sartre (La Nausée), Nietzsche, Melville, Musil et la chorégraphe Pina Bausch sur les thèmes du nihilisme, de l'histoire et à travers une certaine extase la possibilité d'être libre. En 2005 paraissent "A mon seul désir" et "Poker" coécrit avec Philippe Sollers. En 2007, "Cercle" est publié et reçoit le Prix Décembre ainsi qu'en 2008 le Prix Roger Nimier. Il a écrit d'autres titres et en particulier pour finir en 2009, "Jan Karski" qui nous concerne aujourd'hui et qui a reçu le Prix Interallié et le Prix du roman Fnac. Un roman certes mais qui fait référence à un vrai personnage de l'histoire Jan Karski de son vrai nom Jan Kozielewski né en 1914 et mort en l'an 2000, résistant polonais durant la Seconde Guerre Mondiale. Claude Lanzmann qui avait fait un le film "Shoah" basé sur le témoignage de Jan Karski a accusé Yannick Haenel d'avoir fait une falsification historique de la troisième partie de son roman. Ce dernier lui a répondu qu'un romancier était libre de réinventer l'histoire, le tout soutenu par son ami Philippe Sollers.
RESUME : Yannick Haenel raconte dans ce livre la vie de Jan Karski, cet homme aventurier qui fut considéré comme un Juste à la fin de sa vie. En 1942, les nazis et les soviétiques dévastent la Pologne. Jan Karski, résistant polonais, est envoyé comme observateur dans le ghetto. Il en revient bouleversé et prévient alors son gouvernement en exil à Londres puis les américains en la personne du Président Roosevelt lui-même de l'extermination des juifs d'Europe.
MES IMPRESSIONS : Livre agréable à lire sur le plan littéraire, plutôt bien écrit. Certains passages sont très poignants et même difficiles à supporter par un descriptif tellement réel et qui correspond aux nombreux témoignages de juifs, d'historiens etc. revenus jusqu'à nous. L'intrigue est passionnante et on suit Jan Karski avec beaucoup d'intérêt. Il est vrai que le thème de la déportation est tellement rabâché aujourd'hui par un grand nombre d'écrivains que je n'aurais pas été attirée naturellement par ce livre s'il n'avait pas fait partie de mon groupe littéraire. Je l'ai eu entre les mains, je n'en regrette pas sa lecture car malgré tout cet auteur a su retranscrire la vie de Jan Karski d'une façon inédite. On a l'impression de vivre de l'intérieur toute cette horreur, d'être à côté de cet homme qui serait en train de filmer la scène. La seule critique que je fais d'ailleurs à tous les romans historiques c'est que l'on ne sait pas ce qui est vrai et ce qui est inventé. La culture s'en trouve alors un peu modifiée mais cela n'enlève rien au travail de recherche fait sur cet homme courageux, témoin de l'histoire de la Seconde Guerre Mondiale et ses atrocités. Je ne l'ai pas mis dans mes coups de coeur mais s'il vous tente, n'hésitez pas à le lire il est incontestablement intéressant.

Quand nous étions innocents. Un amour franco-allemand de Mémona HINTERMANN et Lutz KRUSCHE

PARUTION EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 9/10 pour son intérêt historique et pour les réflexions qu'il entraîne.
Quelques mots sur les auteurs : 
Mémona Hintermann-Afféjée est née en 1952 au Tampon (La Réunion). Elle est journaliste et a été grand reporter de télévision sur France 3, on vient de la nommer conseillère pour le CSA en janvier 2013 pour 6 ans. Fille d'un indien musulman et d'une créole d'ascendance bretonne et catholique, elle grandit dans une famille modeste de 11 enfants. En 1971, elle gagne le concours de l'ORTF à St Denis de La Réunion. En 1973, elle obtient une maîtrise en droit. En 1976, elle présente le journal sur FR3-Orléans puis le journal télévisé national. En 1984, elle devient grand reporter au service Etranger. Elle a écrit en 2007 "Tête haute" ouvrage autobiographique et témoigne de sa foi chrétienne. En 2009, parution de "Quand nous étions innocents. Un amour franco-allemand" co-écrit avec son mari Lutz Krusche.
Lutz Krusche, autodidacte, a été écolier dans la zone d'occupation française en RFA. Il a vécu enfant la chute du nazisme, sa famille bourgeoise tombant dans la misère et fuyant l'armée Rouge à pied. Il a perdu sa fille de 17 ans dans un accident de voiture. Il est devenu correspondant international de grands quotidiens allemands et chef du bureau du Spiegel à Londres, Washington puis Paris.
RESUME : Sur leurs lieux de travail, Mémona Hintermann et Lutz Krusche ont eu l'occasion de se rencontrer pour finalement continuer leur route ensemble sur le plan personnel et professionnel. Ce livre relate à quatre mains leurs parcours journalistiques et leur enfance.
MES IMPRESSIONS : Un livre qui m'a appris beaucoup de faits assez proches de nous mais que j'ignorai car j'étais sans doute un peu jeune pour les comprendre et réaliser leur importance. Le travail du journaliste m'a paru dangereux à diverses reprises, pas sans risque même pour la vie de ceux qui l'exercent. C'est là que l'on s'aperçoit que notre monde est très compliqué à gérer et que tous les hommes ont des sensibilités différentes qui font que l'on ne peut pas les aborder de façon identique. Le métier de journaliste demande de l'intelligence, de la diplomatie et parfois de la ruse, de la rapidité pour échapper aux dangers omniprésents dans certains pays. A la fin du livre, ils parlent de l'engagement du journaliste par rapport à ses idées et ils trouvaient très difficiles d'être complètement neutres. Lorsque l'on donne déjà un titre à un article sur un sujet, on y met déjà sa manière de voir les choses. Le journalisme n'est pas pratiqué de la même façon dans tous les pays. Mémona et Lutz ont comparé leurs deux pays et j'ai découvert que les allemands avaient leur propre bureau de presse où ils invitaient ceux qu'ils voulaient interroger. En France, ce sont ceux qui veulent être interrogés qui convoquent les journalistes. Chez les allemands, les questions sont libres. En France, ce sont les interviewés qui préparent les questions. Cela m'a paru moyennement démocratique et une information plus orientée. J'ai été agréablement surprise de cette prise de conscience de ces journalistes et de leur aveu sur ce sujet car il m'arrive souvent de penser à cette manière d'interroger en France en particulier qui n'est pas spontanée et manque de transparence. Je vous conseille fortement cette lecture enrichissante qui nous fait poser les bonnes questions et nous interpelle à diverses reprises au cours des expériences vécues par ces deux journalistes à travers le monde.

Courlande de Jean-Paul KAUFFMANN

ROMAN PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait car on me l'a prêté.
Je lui donnerai 8/10.
Quelques mots sur l'auteur : Jean-Paul Kauffmann est né en 1944 en Mayenne. C'est un journaliste et écrivain français. Il a travaillé à l'AFP et dès 1977 au Matin de Paris. Il devient ensuite reporter à l'Evènement du Jeudi. Il est enlevé à Beyrouth avec Michel Seurat le 22 mai 1985 au Liban. Il est libéré le 4 mai 1988 ainsi que d'autres otages grâce à l'intervention de Jean-Charles Marchiani mais Michel Seurat meurt malheureusement avant cette libération. Dans son oeuvre, on pourra noter : "L'arche des Kerguelen - Voyages aux îles de la désolation" (1993), "La chambre noire de Longwood - Le voyage à Sainte-Hélène" (1997) Prix Roger-Nimier et Prix Femina. "La lutte avec l'Ange" (2001). En 2002, Jean-Paul Kauffmann reçoit le Prix de littérature Paul Morand remis par l'Académie française. "La maison du retour" (2007) et "Courlande" (2009).
RESUME : Récit de voyage en Courlande, contrée longtemps inhabitée donc l'accès sera ré-ouvert par les soviétiques en 1991. Une zone intacte où l'on trouve une nature sauvage et de vieux châteaux en ruine appartenant à d'anciens descendants de chevaliers Teutoniques, les barons baltes. L'auteur nous conte ici une vieille histoire d'amour qui le ramène sur ces terres à la recherche d'une jeune Courlandaise, d'un chercheur de tombes, d'un monarque français. Cette région se situe entre le monde slave et le monde germanique, aujourd'hui à la recherche de son âme.
MES IMPRESSIONS : Je pensais que je n'aimerai pas ce livre au premier abord car la couverture ne me plaisait pas. Injustement c'est vite s'arrêter sur l'aspect extérieur du livre, j'en conviens, puis dès les premières lignes, je me suis laissée prendre par l'intrigue. La rencontre de l'auteur et cette jeune femme Mara lance très vite le roman. L'atmosphère rendue par Jean-Paul Kauffmann tout au long de son livre est particulière et agréable voire mystérieuse mais je ne saurai la définir. Le suspense est maintenu car on se sent chercheur au côté de l'écrivain qui nous emmène avec lui dans son enquête. Il pourrait s'agir d'une promenade à laquelle on participe et les faits se déroulent en direct en même temps que notre lecture. J'aurai à déplorer quelques longueurs qui m'ont fait parfois décrocher momentanément de mon livre, mais globalement je suis très satisfaite de ce bon moment passé en Courlande. Ayant lu avant "La maison du retour", je reconnais bien là le style Kauffmann qui reste pour moi unique et étrange.

Confession d'un cardinal d'Olivier LE GENDRE

TEMOIGNAGE RELIGIEUX PARU EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait car on me l'a prêté et qu'en tant que lectrice ouverte à tous les domaines, je voulais me faire une opinion sur ce que pouvait exprimer sans langue de bois un cardinal  sur l'état de l'Eglise d'hier et d'aujourd'hui.
Je ne donne pas de note à cette nouvelle lecture mais cette réflexion m'a captivée et parfois surprise.
Quelques notes sur l'auteur : Olivier Le Gendre est un écrivain, journaliste français, marié et père de 5 enfants. Il est issu d'une famille pratiquante. Il doit au scoutisme d'avoir découvert la dimension personnelle de la foi. C'est un grand connaisseur des milieux chrétiens. Côté carrière professionnelle, il a dirigé pendant 20 ans une société spécialisée dans le conseil informatique et en management. Il est responsable international des Amis de l'Assomption et Président d'Assomption solidarité. Il assure aussi une chronique radio hebdomadaire familiale sur RCF. Il se consacre depuis 9 ans un bon mi-temps pour l'écriture. Il est l'auteur d'ouvrages de spiritualité : "Le charpentier", "Les masques de Dieu", "Le cri de Dieu", "Le risque de Dieu", "Lettre aux Successeurs de Jean-Paul II et le récent "Les évangiles des parents".
RESUME : Confession et mémoires à 4 mains d'un cardinal anonyme et du journaliste Olivier Le Gendre d'obédience catholique qui l'interroge très progressivement sur ce qu'il pense de l'Eglise en général dans notre société d'aujourd'hui, il va en dresser l'état des lieux  sans langue de bois, et évoquer ses doutes aussi sur son attitude et celles des représentants de cette Eglise sur ce qu'ils ont accompli et sur ce qu'ils auraient dû accomplir.
MES IMPRESSIONS : Je suis restée captivée du début jusqu'à la fin du livre. Parfois, on a l'impression d'un interrogatoire un peu abrupt mais on aboutit à des réponses réfléchies et approfondies. Ce que l'on pourrait simplement noter c'est que l'église semble en complet décalage avec le monde moderne et cela depuis la nuit des temps et de plus en plus. Elle semble ne pas évoluer assez vite avec les progrès de la société qui eux, vont très vite. C'est un problème crucial d'adaptation. Ce cardinal non identifié traduit un certain mal-être au Vatican et qui ira grandissant si rien ne bouge. Il prend le risque de dénoncer un certain nombre de constats qui ne feront à long terme qu'empirer et mettre l'Eglise en danger face à ce monde hostile qu'elle côtoie et qu'elle ne semble pas toujours comprendre. Il y a plusieurs thèmes abordés dans ce livre : la crise catholique après le génocide au Rwanda, la pédophilie des gens d'église et des prêtres, les pots de vin versés pas la mafia italienne, etc. Une rumeur par ailleurs indiquerait que ce cardinal serait en fait le recueil de 3 ou plusieurs cardinaux réunis en une seule voix. Cela n'empêche pas pour autant l'intérêt de ce livre qui est à mettre entre toutes les mains pour qui a envie de réfléchir au sens de la foi et de sa transmission par un pape et sa hiérarchie.

Le chevalier d'Eon "Une vie sans queue ni tête" d'Evelyne et Maurice LEVER

BIOGRAPHIE PARUE EN 2009
Le choix de ce livre s'est fait par le prêt de celui-ci.
Je lui donnerai 4/5.
Quelques mots sur les auteurs : Il s'agit d'un couple. Evelyne Lever a repris les écrits et les recherches que son mari Maurice Lever avait faits avant de mourir afin de pouvoir éditer quand même son livre. A titre posthume pour lui, ce livre est paru en 2009.
Maurice Lever était né en 1935 et meurt en 2006. C'est un historien de renom, qui a notamment publié une monumentale biographie du marquis de Sade. Il fait donc paraître Donatien Alphonse François, Marquis de Sade (1991), puis Pierre Augustin Caron de Beaumarchais (1999-2004, 3 volumes), Théâtre et Lumières (2001) et Grande et petite histoire de la Comédie-Française (2006).
Evelyne LEVER est historienne, chercheuse au CNRS. Elle a publié chez Fayard Louis XVI (1985), Louis XVIII (1988), Marie-Antoinette (1991), Philippe-Egalité (1996), L'affaire du collier (2004), C'était Marie-Antoinette (2006). Elle a été contactée par Sofia Coppola pour la conseiller avant le dernier film "Marie-Antoinette". Elle a également dirigé l'édition complète de la correspondance de Marie-Antoinette, parue chez Tallandier en 2005.
RESUME : Charles de Beaumont, Chevalier d'Eon est né en 1728 à Tonnerre et mourra en 1810 à Londres. Ce personnage de l'histoire de France a défrayé la chronique à l'époque par un comportement trouble sur la vraie nature de son sexe. Tantôt homme, tantôt femme, hermaphrodite ? Vous le découvrirez au cours de cette biographie qui démarre par une carrière fulgurante en tant qu'agent secret du roi Louis XV puis diplomate officiel. Il se mèlera simultanément à la grande politique et d'innombrables intrigues. On le voit aller de St Pétersbourg à Londres pour manigancer ses affaires mais alimenter aussi des rumeurs sur son identité véritable. A ce petit jeu-là, se brûlera-t-il les ailes ?
MES IMPRESSIONS : Oui, cette rumeur va lui jouer un mauvais tour et il le paiera cher. Mais ce qui est intéressant, c'est la façon dont cet être énigmatique va s'en sortir à chaque fois et déjouer les pièges qu'on lui tend. Il est incontestablement fort intelligent mais très orgueuilleux aussi et c'est ce qui le mène souvent vers le précipice. Son évolution de carrière ne prenant pas le tournant qu'il souhaitait, il va faire du chantage en pensant qu'il gagnerait facilement. Seulement, son référend qui est le roi ne l'entend pas de cette oreille. Etant un être de devoir, il n'écoutera que le roi. Il a été nommé avocat dès l'âge de 21 ans et il s'est promis de servir son pays avec loyauté. Ce qu'il ne va pas accepter pour autant c'est le choix du roi Louis XV qui lui préfère le Comte de Guerchy comme ambassadeur alors qu'il n'est lui que son secrétaire. Il ne comprend plus rien et se réfugie à Londres avec des documents confidentiels du roi qu'il a bien l'intention de monnayer. La partie adverse ne se laisse pas faire et le Chevalier d'Eon a bien du mal parfois à s'imposer. Une partie de sa vie sera plutôt de nature masculine avec son appartenance à l'armée, il reçoit même l'Ordre Royal et Militaire de St Louis. Et l'autre moitié, complètement féminine, mais je n'en dirai pas davantage. Pour conclure, je dirai que le Chevalier d'Eon a été une personne brillante, qu'il savait manier la plume avec beaucoup d'habileté. Ses rencontres comme le Prince de Conti, la tsarine Elisabeth, le Duc de Nivernois, Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais ont certainement dirigé malgré lui le cours de sa vie. Une biographie à lire car elle retrace bien toute cette époque entre Louis XV et Louis XVI. Je me suis bien amusée malgré quelques passages parfois un peu longs. La fin de la vie du Chevalier se termine dans la pauvreté et le dénuement le plus total. L'autopsie nous révélera la véritable identité de ce personnage haut en couleur qui sait encore faire parler de lui au XXIème siècle et ceci grâce à ses jeux de rôle bien introduits à l'époque lui attribuant une prétendue folie comme l'ont pensé Treyssac de Vergy et Ange Goudar et qui ont fait couler beaucoup d'encre.