09/01/2010

LIVRES PARUS EN 2008

Le boulevard périphérique d'Henry BAUCHAU

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait par le conseil d'un membre de ma famille.
Je lui donnerai 2,5/5.
Quelques mots sur l'auteur : Henry Bauchau est né en 1913 en Belgique à Malines. Il est poète, romancier, dramaturge et psychanaliste. Il publie son premier livre à 45 ans. En 1932, il a étudié le droit à Louvain. Après la seconde guerre mondiale durant laquelle il sera mobilisé et blessé, il fonde une maison de distribution et d'édition qu'il implante à Paris en 1946. En 1951, il fonde à Gstaad un collège international de jeunes filles. En 1958 sort son premier livre "Géologie". Vers 1970, il travaille dans un hôpital de jour qui accueille des adolescents perturbés. Sa carrière littéraire est lancée vers 1990 avec plusieurs oeuvres dont "Oedipe sur la route", "La déchirure", "La Dogna", "Le régiment noir" et des poésies. Son roman "Le boulevard périphérique" sera salué par la critique et paraît début 2008.
RESUME : Le narrateur assiste impuissant au déclin de sa belle-fille Paule atteinte d'un cancer. Elle termine ses derniers jours à l'hôpital et chacun vient lui rendre visite en fonction de son emploi du temps et de sa disponibilité. Le narrateur concentre sa méditation sur la mort durant ses trajets par le boulevard périphérique où il fait le parallèle de la perte de son meilleur ami Stéphane toujours entreprenant et courageux mort dans de mystérieuses circonstances et celle de sa belle-fille qui combat la maladie qui la ronge depuis déjà des mois.
MES IMPRESSIONS : J'ai été très mal à l'aise dans la lecture de ce roman. Il est très triste malgré des messages d'amour très forts à la fois mais aussi très maladroits dans certaines circonstances. L'accompagnement d'une personne malade est très éprouvant, on le ressent de façon très intense dans ce livre. C'est très poignant mais malheureusement aussi très déprimant. Certes ce récit marque très profondément son lecteur mais il ne lui donne pas envie de partager cette souffrance. Persévérante, je suis allée jusqu'au bout de cette lecture, mais ce fut pénible et long souvent. Je voulais commencer rapidement un autre livre et en finir au plus vite. Les personnages : le mari, la mère, la malade sont admirablement campés. Ils ont chacun leur place et les dialogues entre eux représentent toutes leurs préoccupations du moment, leur réflexion sur ce qu'il risque de se passer ou non. Ils sont tous dans l'espoir de la guérison avec en filigramme le retour inexorable à la réalité qui est beaucoup plus abrupt et les mène tous à l'inéluctable : la mort de Paule. L'originalité de cette réflexion passe par le boulevard périphérique et incite à la méditation. Le parallèle avec le meilleur ami du narrateur ne m'a guère intéressé par contre et complique l'intrigue. Cela m'a gêné et finalement ne m'a rien apporté. Ceci explique peut-être la note moyenne que j'ai donné à cette lecture qui me laisse sans enthousiasme.

Carla et Nicolas de Valérie BENAIM et d'Yves AZEROUAL

PARUTION EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait par le prêt de celui-ci.
Je ne donne pas de note pour les livres orientés politique.
Quelques mots sur les auteurs :
Valérie Benaïm est une journaliste et écrivain française née à Casablanca en 1969. Elle a fait des études d'histoire puis se lance dans le journalisme. Elle a travaillé sur TF1 durant dix ans comme co-animatrice avec Arthur et aussi avec Christophe Dechavanne. Simultanément, elle participe à des émissions de radio sur RTL. Elle travaillera pour sa propre émissions sur FR3 mais par manque d'audience n'y restera pas. Elle écrira "La rose de Stanlingrad" avec l'historien Jean-Claude Hallé. On ne la voit plus guère sur les ondes en ce moment. En 2008, elle co-écrit "Carla et Nicolas" avec Yves Azéroual.
Yves Azéroual est journaliste et documentaliste né en 1962. Il a publié plusieurs ouvrages. Cofondateur de chaînes thématiques, ex-rédacteur en chef de I télé. Il est le rédacteur en chef de Secrets d'Histoire, sur France 2.
RESUME : Histoire de la rencontre et le mariage entre le Président Nicolas Sarkozy récemment élu et la chanteuse célibataire, Carla Bruni Tedeshi, italienne et ex-mannequin.
MES IMPRESSIONS : Mis à part le côté "people" et le coup de foudre du couple Carla/Nicolas qui reste médiatique, j'ai été intéressée d'en apprendre davantage sur l'origine de la famille de Carla Bruni Tedeshi. Une famille richissime provenant du grand-père Virginio Bruni Tedeshi qui avait été un redoutable et courageux travailleur, fondateur de la société CEAT (Cavi Electrici Affini Torino) en 1888. Une entreprise spécialisée dans les pneumatiques et les cables électriques pour l'industrie automobile. En 1930, cette société est hissée à la deuxième place des entreprises italiennes après Pirelli. Alberto, le père de Carla, par contre, est un passionné de musique, un inconditionnel de Wagner. Il fera une carrière musicale même s'il sera aussi ingénieur dans la société de son père. Virginio était aussi un grand mélomane. On comprend mieux ainsi le goût de Carla pour la musique puisqu'elle a été élevée avec. Mais on découvre aussi que Carla est la fille de Marisa Borini épouse d'Alberto Bruni Tedeshi mais que son père biologique est un autre homme. Sa mère, musicienne aussi, aura une aventure extra-conjugale avec Maurizio Remmert, entrepreneur italien installé au Brésil qui connaîtra sa fille Carla lorsqu'elle aura 19 ans. Une vie mouvementée pour la première dame de France qui aura elle-même de nombreuses aventures amoureuses et mère d'un jeune garçon Aurélien, fils de Raphaël Enthoven qui s'était séparée d'elle pour une autre femme philosophe comme lui. J'ai voulu noter tout cela mais il reste à découvrir vous-même d'autres anecdotes dans ce livre distrayant.

Lettres à Maman par-delà l'enfer d'Ingrid BETANCOURT et ses enfants Mélanie et Lorenzo/ préface d'Elie WIESEL

LIVRE PARU EN 2008
Le choix de lire cette lettre s'est faite par le témoignage poignant de ses enfants à la radio, à la télévision et les diverses manifestations organisées pour faire libérer leur mère.
Quelques mots sur Ingrid Bétancourt : C'est une femme politique colombienne née le 25 décembre 1961. Elle a grandi entre Bogota et Paris, son père ayant été ambassadeur de Colombie à l'Unesco. Elle a fait Sciences Po à Paris et épouse un diplomate français. A 29 ans, elle est engagée au ministère des Finances en Colombie. Députée et sénateur, elle tente de lutter contre la corruption et le trafic de cocaïne qui dévastent ce pays. En voulant assainir le pays le plus corrompu d'Amérique latine, elle s'est mise en danger et a été enlevée le 23 février 2002 par les FARC (forces armées révolutionnaires de Colombie) alors qu'elle s'était présentée à l'élection présidentielle en tant que candidate écologique. Depuis, le monde entier se mobilise pour sa libération mais jusqu'à ce jour, les FARC n'ont pas cédé pour la libérer. Elle est très malade et menace de mourir faute de soin. Elle a écrit une lettre il y a quelques mois qu'un autre otage a réussi à faire parvenir à sa famille où elle donne de ses nouvelles. Son témoignage est bouleversant et elle dit que son amour pour ses enfants et les siens l'a maintenu jusque là mais que maintenant les forces commencent à lui manquer et qu'elle ne les reverra sans doute jamais. Elle semble ne plus croire au miracle et elle fait de cette lettre un testament d'amour envers ses proches.
RESUME : Ingrid Bétancourt laisse un véritable testament d'amour à sa famille racontant ses souffrances au quotidien et essayant en même temps de donner du courage à sa mère d'abord, ses enfants et les siens. Il y a une autre lettre qui est la réponse de ses enfants qui déclare à leur mère qu'ils l'aiment et espèrent sa libération au plus vite.
MES IMPRESSIONS : Malgré toutes les informations que l'on entend dans les média quasiment tous les jours, cette lettre renforce l'horreur dans laquelle est tombée Ingrid Bétancourt depuis plus de 6 ans. On ne peut imaginer un tel calvaire pour elle d'abord et pour sa famille qui l'attend et vit dans l'angoisse quotidiennement. Il est très important de lire cette lettre et d'acheter ce petit livre (7€) pour aider ses enfants à continuer à parler d'elle afin qu'elle ne tombe pas dans l'oubli. La démocratie n'existe plus là où elle vit, on ne peut s'exprimer et agir librement sans danger de mort. Sa lettre est un acte d'urgence pour mobiliser les consciences dans le monde entier et peut-être faire libérer tous les otages comme elle. D'avoir lu cette lettre m'a permis de voir que l'amour est toujours le plus fort et que sans lui, on ne peut vivre. Ingrid Bétancourt en est un étourdissant témoignage. La réponse de ses enfants est aussi un immense geste de générosité et montre que rien ne peut remplacer une Maman qui vous aime malgré les circonstances et qui ne cessera jamais d'aimer. Je terminerai pour vous inciter à lire ce très émouvant passage d'une vie qui est malheureusement la réalité pour une fois et non un roman.

Les Particules de mon mari sont authentiques de Véronique BEUCLER

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait en vacances dans une librairie.
Je lui donnerai 3,5/5.
Quelques mots sur l'auteur : Véronique Beucler a vécu au Mexique, en Colombie et dans de nombreuses îles. Elle enseigne toujours aujourd'hui la littérature au lycée Lyautey de Casablanca. Elle a écrit deux ouvrages dont "L'amour en page" qui s'est peu vendu puis "La berlue" en 2007 qui est devenu un best-seller d'un nouveau genre. En 2008, elle fait paraître un nouveau roman "Les particules de mon mari sont authentiques".
RESUME : Carla, conseillère commerciale à l'Ambassade de France d'une petite république des Caraïbes, va par erreur envoyer un mail au nouvel ambassadeur Pital Popesco dans lequel elle parle de lui en termes peu flatteurs. Avant qu'il ne lise ce message en principe adressé à l'une de ses amies, elle va tout faire pour le récupérer.
MES IMPRESSIONS : J'ai été un peu déçue par ce roman car Véronique Beucler m'avait énormément séduite dans "La berlue". Le thème de ce livre-là est une excellente idée, cela peut arriver à n'importe lequel d'entre nous et ainsi engendrer des quiproquos et des répercussions qui pourraient devenir dramatiques. En fait l'intrigue est bonne et actuelle mais les descriptions sont trop longues et gachent en quelque sorte le rythme de l'histoire qui n'avance pas. On est sans cesse en haleine, avide de découvrir comment Carla va s'en sortir pour effacer ces remarques malheureuses. Au bout de 50 pages, on reste toujours au même stade et c'est frustrant. On a une information qui fait avancer le livre très rarement. Dommage car cet écrivain aurait pu mieux faire, elle nous l'a prouvé dans "La berlue". Elle écrit bien, agréablement et son style est plutôt au dessus de la moyenne littéraire. A lire pour les courageux et les esprits critiques.

Catholique anonyme de Thierry BIZOT

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 8/10.
Quelques mots sur l'auteur : Thierry Bizot est né à Milan en 1962. Diplômé de l'Essec en 1984, il entre ensuite chez l'Oréal en mai 1986. Après être devenu directeur général de l'Oréal Parfumerie en Belgique, il décide de quitter le groupe pour rejoindre M6 en 1995 en tant que directeur Musique et Divertissement (il a fondé entre autre Graines de stars, Fan de). Il est marié avec Anne Giafferi et père de trois enfants. Sa carrière alors s'est orientée vers le métier de producteur de télévision et de cinéma à laquelle s'est rajoutée l'écriture. On pourra noter qu'il a fondé sa société de production en 1999 "Eléphant et Cie" avec Emmanuel Chain, connu comme producteur sur M6. Ils ont notamment produit des émissions à succès dont "Fais pas ci, fait pas ça". Paru en 2008 et sélectionné pour le Prix Renaudot, "Catholique anonyme" est son quatrième roman  après "Nous n'irons plus chez elle" en 1987, "Ambition et Cie" en 2002 et "Tout à coup, le silence" en 2006. En février 2010, "Catholique anonyme" a été adapté au cinéma  par sa femme sous le titre "Qui a envie d'être aimé ?".
RESUME : Thierry Bizot nous raconte sa rencontre avec Jésus au cours d'un cycle de catéchèse organisé par l'école de son fils auquel il avait participé tout à fait fortuitement. Dès la première réunion, il sent que quelque chose vient de se passer entre lui et Jésus, une intimité qui va l'habiter de plus en plus alors que rien dans sa vie ne laissait présager ce qui lui est arrivé.
MES IMPRESSIONS : Ce livre, je l'ai lu il y a déjà presque trois ans, mais j'avais oublié de vous en faire part, chers lecteurs. Il est important pour moi de l'introduire dans mon blog car je pense que tous les témoignages de foi sont toujours émouvants et montrent une force incontrôlable qui arrive à pénétrer dans certaines vies sans que les personnes puissent parfois lutter contre. Thierry Bizot en est la parfaite illustration. C'est un homme bien installé dans la vie, qui réussit professionnellement, qui a une famille et qui pourtant semble tout à coup métamorphosé par cette rencontre avec Jésus. Il a dit suite à ce bouleversement intime : "Ma vie n'a pas changé, mais ça a changé toute ma vie". De même, j'ai pu lire et entendre au cours de certaines de ses interviews "La foi c'est comme si on tombait amoureux. Cela fait notre bonheur. L'église c'est un club où les gens se passent le message". Tout à coup, il ne regardait plus les gens comme des bêtes curieuses mais comme des gens en recherche comme lui, prêtes à partager et communiquer. Ce qui m'a frappé aussi dans ce que Thierry Bizot transmet c'est que Jésus finalement l'a aidé à lui donner confiance en lui et lui a donné le goût de vivre. "L'essentiel est d'être bien avec soi-même", a-t-il affirmé aussi. Ces dernières paroles sont si importantes pour l'équilibre de chacun. Ce livre est un exemple de conversion qui a évolué avec le temps de façon progressive sans excès et qui a permis à celui qui en a été touché à retrouver un nouvel état d'esprit qui lui fait voir la vie sous un autre angle, dans l'espérance et la foi. Je rapprocherai ce livre à celui de Joseph Fadelle paru en 2010 "Le prix à payer"  qui est aussi un témoignage très poignant et intéressant.

Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie BLAS de ROBLES

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait par une personne qui me l'a prêté car elle voulait savoir ce que je penserais de ce livre.
Je lui donnerai 3,5/5.
Quelques mots sur l'auteur : Jean-Marie Blas de Roblès est un écrivain français né à Sidi-Bel-Abbès en Algérie en 1954. Après son rapatriement d'Algérie, il sera balloté entre la Camargue, Rouen et les Vosges mais passera son adolescence principalement dans le Var. Il étudiera la philosophie à la Sorbonne et l'histoire au collège de France. Il devient enseignant dans diverses universités étrangères (Brésil, Chine et Italie). En 1986, il devient membre de la Mission Archéologique française en Lybie. Pour son oeuvre littéraire, on notera : en 1982, il écrit un recueil "La mémoire du riz"; en 1987 "L'impudeur des choses" son premier roman. En 1989, "Le rituel des dunes". Puis à Taïwan, il écrit son dernier roman en 2008 "Là où les tigres sont chez eux" qui a reçu les prix du roman Fnac et celui de Médicis.
RESUME : Athanase Kircher (1602-1680) est un jésuite célèbre pour ses connaissances scientifiques et autres. Eléazard Von Wogau est chargé de corriger sa biographie et remonte ainsi le temps en suivant toute l'aventure du vieil homme. D'autres personnages vivent en parallèle dans les années 2000, liés au journaliste Eléazard von Wogau comme son ex-femme et sa fille.
MES IMPRESSIONS : Elle sont mitigées car certains passages m'ont bien plus alors que d'autres beaucoup moins. Un trop long roman (765 pages écrites en petit) auquel je me suis malgré tout laissée prendre par les diverses intrigues menées avec des groupes différents. On est ainsi baladé dans différentes atmosphères avec des décors variés. Ce livre balance d'une histoire à l'autre ce qui le rend vivant. Cependant, pour reconstituer le puzzle, on se doit de prolonger le roman toujours plus loin pour en comprendre le fil. Parfois, le livre peut paraître confus dans certaines circonstances mais dans l'ensemble je le trouve bien écrit. Il y a des passages très crus à la limite du décent et du vulgaire. Ames sensibles s'abstenir en matière de sexe. Petite originalité dans la typographie de la plupart des pages du livre, le mot "et" est remplacé systématiquement par le sigle & ce qui est curieux. Voilà ce qui m'a frappé dans ce roman dans lequel je me suis laissée somme toute entraîner. Si vous avez le courage de l'entamer, j'attends vos avis.

Loin de la rivière de Nathalie de BROC (tome 1)

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 7/10.
Quelques mots sur l'auteur : Je n'ai pas réussi à avoir beaucoup d'informations sur cet écrivain. Elle est avant tout bretonne de naissance et habite Quimper. Elle a été journaliste indépendante pour FR3 et reporter à France Inter. On lui connait aussi le métier de traductrice et d'auteur de guides touristiques aux éditions Gallimard. On trouve dans son oeuvre : "Le patriarche du Bélon" en 2004, "La dame des forges" en 2005, "La tresse de Jeanne" en 2007, "Loin de la rivière" et "La rivière retrouvée" en 2008, puis "La sorcière de Locronan" en 2009.
RESUME : Après la mort mystérieuse et inexplicable de son mari, Herminie tente de se reconstruire dans sa propriété de Kerbrénou (1900). Très vite, elle tombe amoureuse d'Armand de Vrigny qui vient de se séparer de sa femme. Ils décident ensemble d'aller vers l'ouest du Canada pour une nouvelle vie. Elle quitte même son fils Edouard sans trop de scrupule au départ et qu'elle laisse dans son domaine avec le personnel pour une durée indéterminée. Simultanément, l'auteur décrit la vie et le destin de Juliette, la petite fille d'Herminie. La rivière reste son repère et on pourra continuer la suite de ce roman dans "La rivière retrouvée".
MES IMPRESSIONS : Ce roman m'a vraiment plu. Il est bien raconté et les personnages sont bien croqués. L'intrigue ne nous laisse aucun répit ce qui en fait une lecture attractive et vivante. L'atmosphère est bien rendue tantôt inquiétante, angoissante tantôt plus légère, intrigante. Finalement, on entre dans une saga où chacun mène sa vie. On reconnaît l'aristocratie du début du vingtième siècle avec ses principes et ses habitudes. On découvre une héroïne attachante dont la mâturité va se confirmer progressivement dans les épreuves qu'elle traverse mais cet amour passionnel parfois fragile la porte toujours et lui permet d'espérer à chaque étape de son existence. Je rapprocherai ce livre de certains autres romans que j'ai lus comme "Le temps des métamorphoses" de Poppy Adams et "Le goût des pépins de pomme" de Katharina Hagena.

La rivière retrouvée de Nathalie de BROC (tome 2)

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 7/10.
Quelques mots sur l'auteur : Je n'ai pas réussi à avoir beaucoup d'informations sur cet écrivain. Elle est avant tout bretonne de naissance et habite Quimper. Elle a été journaliste indépendante pour FR3 et reporter à France Inter. On lui connait aussi le métier de traductrice et d'auteur de guides touristiques aux éditions Gallimard. On trouve dans son oeuvre : "Le patriarche du Bélon" en 2004, "La dame des forges" en 2005, "La tresse de Jeanne" en 2007, "Loin de la rivière" et "La rivière retrouvée" en 2008, puis "La sorcière de Locronan" en 2009.
RESUME : Ce roman est la suite de "Loin de la rivière". L'auteur s'attarde cette fois-ci sur la vie de Juliette, petite-fille d'Herminie. La vie de sa grand-mère avait occupé le premier tome. Son destin est mouvementé par la mort de sa mère Diane à sa naissance et le remariage de son père avec Nine. Mais plus tard, Juliette enceinte hors mariage, est chassée par son père de la maison. Reviendra-t-elle après la naissance de sa fille Valentine au domaine de Kerbrénou où son enfance s'est déroulée auprès de sa grand-mère Herminie, tant adorée et sa belle-mère Nine ?
MES IMPRESSIONS : Ce roman m'a passionné comme le premier ce qui explique ma note similaire. Il est facile, comme disent beaucoup de lectrices. C'est un peu vrai mais de temps en temps, il est bon aussi de se détendre dans une lecture agréable et peu intellectuelle. Le roman n'est pas, à proprement dit, à l'eau de rose. Même plus de 300 pages, on ne peut pas le laisser de côté très longtemps ! Le destin de Juliette est compliqué car elle est punie d'une irresponsabilité et d'une fatalité. Pourquoi son père n'a-t-il pas accepté cette grossesse ? Sans doute l'époque beaucoup plus intolérante qu'aujourd'hui dans ce domaine et intransigeante face à la honte que cela représentait pour une famille d'avoir une fille mère dans ses murs ! Sa femme ne peut plus apporter cette douceur et cette indulgence au moment des faits, vis à vis de cette belle-fille qu'elle a tant aimée et ainsi rétablir la vérité sur des faits familiaux malheureux qui l'aurait touchée au plus profond d'elle-même. Le livre, je tiens à le souligner, ne raconte pas cette grossesse mais plutôt la vie dans le domaine de Kerbrénou en Bretagne de 1919 à 1946 qui ont précédé cette grossesse et la remise en état du domaine par la grand-mère, la seconde belle-fille Nine et la petite-fille Juliette. Une belle complicité de femmes dans un contexte de seconde guerre mondiale. A lire, deux bons livres de vacances à la suite.

Une bonne épouse indienne d'Anne CHERIAN

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 9/10.
Quelques mots sur l'auteur : Anne Chérian est née en Inde et vit aujourd'hui à Los Angeles. Elle a étudié dans les Universités de Bombay, Bangalore et Berkeley. "Une bonne épouse indienne" paru en 2008 est son premier roman.
RESUME : Neel a étudié aux Etats-Unis pour devenir un anesthésiste reconnu. Alors qu'il habite à San Francisco depuis quelques années, il s'amourache de sa secrétaire de nationalité californienne. Contraint et forcé de revenir en Inde à cause de la maladie de son grand-père, il entreprend ce voyage pour le revoir avant sa mort. Sa famille lui a tendu en effet un piège pour le marier au plus vite et lui présenter des jeunes femmes. Il n'arrive pas à se soustraire à cette obligation traditionnelle indienne et retourne en Californie après un mariage célébré en toute hâte avec Leila. Il est furieux et a bien l'intention de continuer à voir sa maîtresse et ne pas consommer ce mariage pour pouvoir divorcer et laisser sa femme libre.
MES IMPRESSIONS : Un livre très agréable, bien écrit et sans temps mort. Les descriptions sur la vie en Inde et en Californie sont intéressantes car si différentes. L'adaptation de Leila en terrain inconnu et hostile montre une femme de caractère qui n'a pas peur de rencontrer d'autres personnes et qui se familiarise avec intelligence. Neel en revanche passe pour un personnage immature, sans coeur et léger. Il n'a pas la clairvoyance de voir que sa femme est beaucoup plus profonde et cultivée que Caroline, une américaine d'un autre milieu que le sien et qui passe pour une écervelée auprès des autres médecins qui ne comprennent pas cette idylle. Chacun essaye de faire entendre raison à Neel mais sa passion pour Caroline est plus forte. Il ne se doute pas que sa femme a bien compris son jeu et par sa patience et sa fermeté, elle arrivera à ses fins de façon très subtile. Pour moi, j'ai trouvé en cette lecture, un excellent roman que je conseille à tous.

Le Monastère Invisible de Marie CHOUEIFATY GHALEB

LIVRE PARU EN 2008
Le choix de ce livre est celui d'un ancien membre de ma tournante de livres qui l'a été acheté à Abu Dhabi et l'a proposé pour notre groupe.
Je lui donnerai 6,5/10.
Quelques notes sur l'auteur : Marie Choueifaty Ghaleb est née au Liban en 1973 d'un père libanais et d'une mère française. En 1991, elle quitte le Liban pour faire ses études en France et en particulier Supélec. Elle retournera après au Liban où elle découvre le Monastère Invisible qui jouera un rôle décisif dans sa vie. Elle habite actuellement à Abu Dhabi avec son mari et ses trois enfants. Le couple reste très actif dans cette communauté et engagé dans la vie de l'Eglise locale. Elle a dédicacé son livre lors du salon du livre francophone de Beyrouth en 2008. Les éditions Aleph qui ont permis la publication de ce livre existent depuis environ 4 ans. Leur but est de témoigner de la richesse du patrimoine libanais et de le transmettre au lecteur sous tous ses aspects et dans toutes les manifestations historiques, littéraires, religieuses et artistiques.
RESUME : Les personnes dans ce récit sont authentiques. L'auteur spécifie par contre que le narrateur est un personnage fictif. A la lecture de ce petit recueil, on sait que c'est elle qui est allée à la découverte de ce Monastère bien particulier dénommé le Monastère Invisible. Mais la réalité étant parfois difficile à relater sur son propre parcours, il a été plus aisé pour elle de romancer cette partie-là. Ce Monastère a été créé par Richard Ghosn, atteint d'une myopathie, alors qu'il avait été refusé dans d'autres monastères en raison de son handicap. Ainsi, toute personne handicapée pouvait entrer dans cette communauté sans restriction. Cet homme est mort assez vite après la création de son oeuvre qui continue d'exister. Le narrateur a contribué à faire vivre ce lieu de paix et de spiritualité avant de devoir le quitter subitement.
MES IMPRESSIONS : Livre incontestablement profond qui se lit agréablement. Je pense que l'on ne peut guère le trouver en France mais il gagnerait à être édité de façon plus élargie. Après la lecture d'un tel livre, on sent que l'expérience de vivre avec des handicapés est très riche. Parfois, on pense que la mission sera impossible de les emmener dans tel ou tel endroit mais finalement le dynamisme et la bonne humeur remportent sur la moindre inquiétude. Ce livre est forcément hautement spirituel et la foi de toutes ces femmes et tous ces hommes donnent un exemple de courage et de rayonnement. Le Saint-Esprit semble pénêtrer toute cette communauté qui vit à son rythme, active et pleine de projets.

Un chemin de promesses d'Edouard et Mathilde CORTES

RECIT PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait dans ma tournante de livres.
Je lui donnerai 6,5/10.
Quelques mots sur les auteurs : Mathilde Cortès est née en 1980. Elle a fait une maîtrise d'histoire et un master de solidarité et relations internationales. Son parcours a été son engagement dans des actions humanitaires comme en France auprès des SDF, en Inde dans les mouroirs de Calcutta et l'enseignement en brousse au Burkina Faso. Elle partira aussi 2 ans au Cameroun en tant que volontaire de solidarité internationale ce qui lui permettra de poursuivre une mission dans une ONG à Paris. Maintenant, elle travaille comme indépendante à la rédaction d'ouvrages et à la réalisation de films.
Edouard Cortès est né aussi en 1980. C'est un journaliste et écrivain français. On le dit journaliste reporter images à la fois pour la presse écrite et pour la télévision. Il est membre de la guilde européenne du raid et de la société des explorateurs français. Il a écrit des carnets d'aventure en 2003 et 2007. En 2004, paraissent "Routes de la soie, la mémoire retrouvée de l'Afghanistan" et "Expédition Paris-Kaboul, sur les routes de la soie" qui a été organisée avec Olivier Weber et soutenue par l'Unesco . En 2005, encore un voyage "Paris-Saïgon, 16000 km en 2CV dans l'esprit de Guy de Larigaudie". Son premier véritable livre sera "Aranat, sur la piste de l'arche de Noé". Il se consacre aujourd'hui particulièrement à la réalisation de films documentaires, de reportages et à l'écriture de récits en tant qu'auteur.
Mathilde et Edouard Cortès se sont mariés en 2007 et racontent leur voyage de Noces dans le livre "Un chemin de promesses, 6000 km à pied sans argent, de Paris à Jérusalem, Une aventure à la rencontre des autres et d'eux-mêmes."
RESUME : Le 17 juin 2007, parvis de la cathédrale de Paris, départ de Mathilde et Edouard à pied à Jérusalem sans argent, nourris et logés chez l'habitant tout au long de leur route. Une aventure courageuse, humaine, sportive et spirituelle.
MES IMPRESSIONS : Il est vrai que je me suis engagée dans cette lecture avec quelques à priori sur la véritable honnêteté et spontanéité avec laquelle les deux jeunes mariés ont opté pour cette forme de voyage de noces sans qu'ils n'aient une arrière pensée commerciale. Nos deux protagonistes sont en effet tous les deux journalistes et raconter une telle aventure n'était pas pour eux une première lorsque l'on voit leurs expériences antécédentes (voir biographie ci-dessus). Par contre, c'est grâce à ce choix de voyager ainsi, qu'ils ont décidé d'écrire et filmer leur périple, mais n'était-ce pas justement durant une période de leur vie qui doit rester l'intimité d'un couple ? Je me suis vraiment posée la question. Cependant, pour revenir au livre à proprement parlé, et donner aussi une note positive à celui-ci, je peux ajouter que je ne me suis pas ennuyée à sa lecture. Les étapes s'enchaînent avec plus ou moins de péripéties, on découvre les différents accueils des 14 pays visités, les difficultés de communication entre les hommes ou au contraire une chaleur et une générosité qui se dégagent immédiatement. Le cheminement n'a pas été toujours évident mais ils ont tenu bon malgré quelques moments de découragement. Je les ai trouvé parfois complètement inconscients dans leur expédition sur un glacier sans équipement. Je pense que même écrire cette étape pourrait inciter d'autres jeunes à faire la même chose ce qui me paraît extrêmement dangereux. Ils ont fait aussi des rencontres inquiétantes, voire risquées et il semblerait qu'ils n'aient pas pour autant pris plus de précautions. Sans utiliser d'argent peut-être mais de là à ne pas en avoir du tout a ses limites. Ils l'ont constaté à  leur entrée en Israël où on ne leur a jamais permis de venir sans un billet d'avion de retour en leur possession. Quatorze pays traversés, c'est plutôt impressionnant surtout lorsque l'on connaît les régimes politiques et religieux de certains. Il fallait du courage, de l'intelligence et de la diplomatie pour rester crédible et respecter ceux qui vous invitent alors que parfois les conditions étaient plus que difficiles. Je rapprocherai de ce livre "Afrika Trek" que vous pourrez aussi consulter sur mon blog. Je ne suis pas personnellement attirée par ce genre de challenge que je trouve trop risqué mais j'admire ceux qui arrivent à aller jusqu'au bout de leur route et de leur conviction. Bravo d'avoir réussi !

Ma grand-mère avait les mêmes...de Philippe DELERM

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 1/5.
Quelques mots sur l'auteur : Philippe Delerm, fils d'instituteur, est un écrivain français né en 1950. Après des études de Lettres à Nanterre, il est devenu enseignant mais depuis 2001 il a abandonné son premier métier pour se consacrer à plein temps à l'écriture. En 1997, il se fait connaître grâce au succès phénoménal de son livre "La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules". Il publie des recueils de nouvelles : "La sieste assassinée" en 2001, "Enregistrements pirates" en 2004. Quelques romans jeunesse à son actif avec "L'envol", "Elle s'appelait Marine". En 2005, on trouvera aussi "Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables" et en 2006 "A Garonne"(voir blog pour ces 2 livres). Cet écrivain reste plus attaché à son village de l'Eure mais n'hésite pas à s'imposer comme un auteur renommé et populaire, considéré comme chef de file d'une école littéraire minimaliste et humaniste.
RESUME : Recueil inédit de textes courts. Philippe Delerm a voulu reprendre des petites phrases faites qui sous une apparence ordinaire en disent toujours bien plus long qu'elles n'en ont l'air.
MES IMPRESSIONS : Très déçue par ce nouveau livre de Philippe Delerm qui, pour moi, n'arrive pas à égaler la première gorgée de bière qui m'avait par contre enthousiasmé. Il semblerait qu'un manque d'imagination de l'écrivain ne lui donne plus l'inspiration d'antan. Il paraphrase sur les mots sans arriver à relever le niveau et c'est sans intérêt pour moi. Cela a été le même défaut dans son livre "Dickens, barbe à papa et autres nourritures délectables". En 2006, j'avais par contre plus apprécié "A Garonne". Un auteur finalement plutôt inégal mais qui a tendance à s'épuiser à mon avis.

Les pieds dans l'eau de Benoît DUTEURTRE

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait par le prêt de celui-ci dans une autre tournante de livres.
Je lui donnerai 4/5.
Quelques mots sur l'auteur : Benoît Duteurtre est un écrivain français né à Sainte Adresse le 20 mars 1962. Il est l'arrière petit-fils de René Coty, ancien Président de la République Française. Sa seconde passion est la musique, pianiste de formation, critique musical, producteur et animateur d'une émission de radio. A 15 ans, il commence à écrire, favorisé par des rencontres littéraires comme Armand Salacrou et Samuel Beckett. En 1985, première publication de "Sommeil perdu". Il a écrit une dizaine de livres dont : "Tout doit disparaître", "Gaieté parisienne", "Drôle de temps", "Les malentendus", "Le voyage en France", "Service clientèle", "La rebelle". En 2007, "La cité heureuse" et un essai "Ma belle époque". Enfin en 2008, il publie "Les pieds dans l'eau".
RESUME : Le 23 décembre 1953, René Coty est élu Président de la République Française après Vincent Auriol (71 ans, second Président de la IVème République). Benoît Duteurtre, son arrière petit-fils nous conte ici la vie plus familiale que mondaine des Coty à partir de la naissance de leurs deux filles Elisabeth et Madeleine jusqu'aux générations suivantes. Le récit se déroule à l'ombre des falaises d'Etretat où l'auteur observe les bourgeois et les autres en vacances se fréquenter ou non, le christianisme des années 1970 et sa propre évolution en tant que jeune homme à la découverte de la nostalgie.
MES IMPRESSIONS : Ce roman historique tout de même m'a permis de découvrir la saga Coty. Benoît Duteurtre nous brosse un tableau réaliste de ce que les siens ont vécu par rapport au rôle politique qu'a dû prendre son arrière grand-père. Tout est resté dans la simplicité loin des médias, chacun n'étant pas vraiment préparé à la notoriété de ce nouveau positionnement social. On a une description d'une toute autre époque, pas si lointaine pourtant, mais emprunte de désuétude et non dépourvue de charme. En 1948, René Coty et son gendre Jean Meyer acquièrent la propriété de vacances "La Ramée" qui deviendra le rendez-vous familial des étés. Petits rappels historiques : René Coty, né le 20 mars 1882, est fils d'un directeur d'école havrais. Son épouse Germaine est fille d'armateurs.Vers 1930, ils habitaient à Paris, Quai aux Fleurs près de la mairie. Ils ont eu deux filles : Elisabeth, la plus jolie et la plus fantaisiste, qui a épousé Jean Meyer qui s'entendait bien avec son beau-père. Ils ont eu 6 filles et vivaient à Paris près du Parc Monceau : Denise, Nicole, Danièle, Laurence (mariée avec Arnold évoqué dans le livre héritiers de la Ramée), Monique et Isabelle. Puis leur seconde fille Madeleine, la plus intellectuelle, qui a épousé un médecin ORL Albert Charles. Elle avait une grande complicité avec son père. Ils auront trois filles et un garçon : Solange, puis ma mère et Brigitte toutes nées au Havre et un garçon. La cousine Denise sera la secrétaire de sa grand-mère Germaine décédée durant la présidence de son mari. Les cousines ne se préoccupaient pas de la célébrité de leur grand-père. En 1958, mariage de la mère de l'écrivain. Janvier 1959, retour du Général de Gaulle. Puis la naissance de Benoît Duteurtre en mars 1960. René Coty meurt en 1963. Les petites filles de René Coty étaient plutôt proches de leur grand-mère Germaine. La mère de Benoît Duteurtre n'aimait pas les mondanités d'Etretat mais appréciait toujours de se retrouver en famille là-bas en toute simplicité. Pour conclure, car j'en ai déjà sans doute trop dit, mais je voulais garder quelques points historiques en mémoire, j'ajouterai que ce livre a été pour moi une découverte des Coty d'abord mais de son écrivain dont je m'aventurerai peut-être à lire d'autres écrits.

Courir de Jean ECHENOZ

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 3/5.
Quelques mots sur l'auteur : Jean Echenoz est un écrivain français né à Orange en 1947. Il a fait des études de sociologie et de génie civil. Il collabore épisodiquement à l'Humanité. "Ubu Roi" a été une lecture de son enfance qui a déclanché son envie d'écrire. A 22 ans, il publie "Le Méridien de Greenwich". En 1983, il fait paraître "Cherokee" qui a reçu le Prix Médicis , "Les grandes blondes" en 1995 avec le Prix Novembre puis en 1999 le Prix Goncourt pour "Je m'en vais". En 2001, "Jérôme Lindon" et "Au piano" se retrouvent en librairie. Il a un style ironique, singulier, un sens de l'observation unique et une vision du monde particulière qui passionnent ses lecteurs. En 2006, il publie "Ravel" et en 2008 "Courir". Il est considéré comme un grand écrivain français.
RESUME : Emile, un ouvrier tchécoslovaque converti à la course à pied, ne parvient plus à arrêter sa passion de courir. Il devient un sportif hors norme qui sera le plus grand coureur de tous les temps.
MES IMPRESSIONS : Ce livre ne m'a pas vraiment séduite. Je comprends la subtilité de cette course qu'il a voulu exprimer par la naïveté de ce personnage qui court contre vents et marées. L'histoire qui se passe à côté de lui ne le touche même pas (l'invasion allemande, la libération, l'oppression soviétique) ni les conditions climatiques chaotiques, ni le public moqueur ou admiratif. Il court pour lui, sa gloire, son plaisir, sa réussite personnelle. Il va de record en record, le tout encadré dans un régime qui le dirige. Il ne connaît pas vraiment la liberté si ce n'est de décider de courir chaque jour. Malgré le côté ironique du ton de ce livre qui lui donne une certaine légèreté de ton et un certain humour, j'en reste assez indifférente. Mais vous, prochain lecteur, prouvez-moi que ce livre a une valeur pour vous et qu'il vaut la peine d'être lu.

Mon testament spirituel de SOEUR EMMANUELLE recueilli par Sofia STRIL-REVER

PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait après la disparition de Soeur Emmanuelle.
Je lui donnerai 4/5.
Quelques mots sur l'auteur : Soeur Emmanuelle, de son vrai nom Madeleine Cinquin, est née à Bruxelles le 16 décembre 1908 et décédée à Callian le 20 octobre 2008. Elle s'est fait connaître en s'installant au Caire pour s'occuper de chiffonniers dans un bidonville. En 1928, elle entre au couvent et 3 ans plus tard, elle prononce ses voeux dans la congrégation Notre-Dame de Sion. Elle deviendra professeur de Lettre et Philosophie en Egypte, Turquie et Tunisie. En 1971, à l'âge de la retraite, elle se mettra au service des exclus. Elle sera récomposée en 2002 et 2008 pour sa générosité en étant promue Commandeur de la légion d'honneur puis grand Officier. Son oeuvre par l'intermédiaire de son association ASMAE association Soeur Emmanuelle, elle l'a voulue durable en prévision de sa mort future. Elle n'a pas hésité non plus à médiatiser ses révoltes à la télévision. Elle reste l'une des personnes préférées des français.
RESUME : Ce livre intitulé "Mon testament spirituel" est un recueil de réflexions de Soeur Emmanuelle sur la religion, la foi, le choix de sa voie et sur ce qu'elle pense du rôle de la femme sur terre et en particulier le sien. Elle parle de l'amour qu'elle a reçu de Dieu et essaye de le transmettre aux hommes. Le constat de sa vie sur terre, selon ses dires, c'est qu'elle est semée de peines et de joies mais pour elle c'est sa rencontre avec Dieu-Amour qui a été l'expérience la plus merveilleuse de son parcours.
MES IMPRESSIONS : Cette lecture m'a permis de faire une pause. Dans notre société, où nous courons sans cesse, ce fut un havre de paix et de méditation. J'ai pu m'interroger sur le sens à donner à ma propre vie comme Soeur Emmanuelle l'a fait en nous faisant partager ce qu'elle a pensé pour elle-même. Toute son argumentation sur les raisons profondes de sa foi paraît tellement évidente dans sa bouche. Elle est admirable dans la clarté de ses propos. Etant croyante moi-même, j'ai souvent été d'accord avec elle mais je me demande si la lecture de ce livre par des athées ou autres, les touche autant que moi. Ce serait intéressant de savoir quels lecteurs ont bien voulu prendre le temps de lire ce livre. Cette femme, en s'occupant des pauvres sans distinction nous interpelle tous. La personnalité de Soeur Emmanuelle est exceptionnelle et son franc-parler légendaire face parfois à ses détracteurs ne lui a jamais fait baisser les bras. Sa défense des faibles et sa lutte contre la pauvreté va rester à jamais graver dans nos mémoires, c'est cela qu'il ne faut pas oublier et son testament en est une preuve. Mon conseil est que parfois dans la vie, il est bon de s'arrêter de courir et de méditer un peu. C'est cette lecture-là qui vous emmènera dans ce genre de réflexion.

Confessions d'une religieuse de SOEUR EMMANUELLE

CONFESSIONS PARUES EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait car j'ai eu l'occasion de le croiser sur ma route et je voulais le lire.
Je lui donnerai 5/5.
Quelques mots sur l'auteur : Soeur Emmanuelle de son vrai nom Madeleine Cinquin est née à Bruxelles le 16 décembre 1908 et décédée à Callian le 20 octobre 2008. Comme ce livre relate la vie de Soeur Emmanuelle, je n'indiquerai plus rien dans cette rubrique. Vous pouvez cependant consulter sa biographie succintement sur le livre "Mon testament spirituel" que j'ai mis dans mon blog, paru en 2008, écrit aussi par Soeur Emmanuelle et sa nièce Sofia Stril-Rever.
RESUME : Soeur Emmanuelle démarre de son enfance pour nous faire partager son cheminement tout au long de sa vie. Ce livre posthume, elle l'a choisi ainsi par souci de rester libre. C'est une quête vers la vérité qu'elle a voulu nous transmettre.
MES IMPRESSIONS : J'ai dévoré ces 400 pages de Confessions de soeur Emmanuelle avec une grande curiosité et admiration. Je connaissais sa personnalité grâce aux média puisqu'elle intervenait de temps à autre dans des émissions télévisuelles et radiophoniques mais pas suffisamment sur son parcours spirituel. Une femme inconstablement combattive et prête à affronter tous les obstacles sur sa route pour ne vivre que pour Dieu. Elle avait fait de la phrase de Marc Aurèle : "L'obstacle est matière à action" sa devise. Ce Dieu qu'elle veut tant aimer parfois de façon "torride", elle le rencontre par les autres. Toute son oeuvre sur la pauvreté vient que Dieu était aussi dépouillé et sans ressource. Elle veut ainsi se rapprocher encore toujours plus de lui par ses actes. Pour y parvenir, elle doit fournir beaucoup d'efforts, sa route est parsemée d'embûches et elle sait que pour tout le monde, c'est la même chose. La phrase de Victor Hugo "Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent" l'interpelait particulièrement à tel point qu'elle la faisait apprendre par coeur à ses élèves. Plusieurs personnes de la Congrégation de Notre-Dame de Sion dont Mère Alvira l'ont aidé à grandir. Cette dernière à la fin de sa vie lui disait "Vous n'êtes pas facile, ma petite. Je ne voudrais pas que vous étouffiez plus tard. Dieu veut votre bonheur. Vous êtes jeune, pensez à votre avenir". Ainsi, elle voulait la faire réfléchir et la persuader de quitter la communauté lorsqu'il en était encore temps. Elle était toujours reconnaissante, malgré son caractère difficile et rebelle, des conseils qu'on lui a prodigués. Certains la comprenaient mieux alors qu'elle s'accrochait avec d'autres. Ce manque d'humilité parfois, elle revient dessus à la fin de sa vie pour en faire le bilan. Elle n'a jamais été cette femme parfaite et douce qu'elle aurait voulu devenir. Elle est loin de se sentir une Sainte. Elle dit d'ailleurs qu'elle ne veut pas laisser subsister le mythe "Emmanuelle, perfection idéale" mais elle veut montrer au plus intime de la vérité, la femme qu'elle est. Au fond, cette clairvoyance nous montre sa grande lucidité et un regard sur elle-même très vrai alors qu'elle est déjà à la retraite et ralentie par la vieillesse et la maladie. Au cours de sa vie, elle a rencontré beaucoup de monde afin de faire vivre les chiffonniers du Caire qui est sa plus grande oeuvre aujourd'hui encore : le Pape Jean-Paul II, l'Abbé Pierre, Bernard Kouchner, Jacques Delors, Madame François Mitterrand et bien d'autres que je ne peux énumérer ici. Pour finir je retiendrai quelques phrases que Soeur Emmanuelle a fait figurer dans son livre. "Ayez un coeur blessé de la souffrance du monde" de Mère Marie-Alphonse. "Quand tu as mal, j'ai mal" de l'Abbé Pierre. Ce seront les mots de la fin.
Un livre à lire pour plusieurs raisons : pour le courage de cette femme hors du commun, pour une personnalité qui a fait bouger les choses contre vents et marées et n'a pas hésité à utiliser les média ce qui ne plaisait pas à tous, pour un combat qui ne s'arrêtera jamais la pauvreté et la misère en notre bas monde.

Beau rôle de Nicolas FARGUES

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait par un groupe de lecture que je connais aussi.
Je lui donnerai 3/5.
Quelques mots sur l'auteur : Nicolas Fargues est un écrivain français né en 1972. C'est un grand dévoreur de livres depuis sa plus tendre enfance. Ses modèles sont Kundera, Echenoz ou Duras. Il a fait des études de Lettres. Il publie "Le tour du propriétaire" dans lequel il affirme son propre style. Il a dû mal à apprécier son oeuvre. Seuls les lecteurs lui prouvent le contraire. En 2002, "One man show" rencontre un vif succès. Puis défilent en 2004 "Rade Terminus", en 2006 "J'étais derrière toi" et en 2008 "Beau rôle". Nicolas Fargues est un grand voyageur : Cameroun, Liban et Corse sans oublier qu'il habite aujourd'hui à Madagascar.
RESUME : Bernard Mélikian tente de retrouver Antoine, un ancien copain de classe devenu acteur, pour lui demander d'intervenir dans son école. Il projette un samedi par mois un film suivi d'un débat et il serait heureux s'il pouvait venir...
MES IMPRESSIONS : Le début du livre est vraiment très réussi puis à presque la moitié cela se gâte. Il me semble que la suite est baclée et pas assez travaillée. Le premier tableau qui parle de cette rencontre entre les deux anciens élèves est vivante et enlevée. Les personnages sont bien campés et il y a une atmosphère intéressante. La suite du roman revient sur la vie d'Antoine de façon décousue, maladroite, mal contée. On a l'impression d'avoir deux livres en un sans que la liaison entre eux soit faite. Il aborde le problème du racisme que je trouve mal introduit dans ce livre. Si vous pouvez me faire partager vos opinions, j'en serai ravie, j'attends vos commentaires.

Paradis conjugal d'Alice FERNEY

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 4/5.
Quelques mots sur l'auteur : Alice Ferney, de son vrai nom Cécile Gavriloff, est une écrivain française née en 1967. Elle est diplômée d'une école de commerce et docteur en économie. Mère de famille, elle partage son temps entre écrire et l'enseignement à Orléans. En 1997, elle publie "Grâce et dénuement" qui obtient le Prix Culture et Bibliothèque pour tous. Depuis 2000, elle s'est fait une place sur la scène littéraire française. Elle écrit essentiellement sur les relations homme/femme. On pourra lire d'elle : "La conversation amoureuse", "Les autres", "Le ventre de la fée" et "Dans la guerre". Cet auteur se remarque par son optimisme et son amour de la vie.
RESUME : Elsa, mère de famille, s'est disputée la veille avec son mari Alexandre. Il n'est pas revenu. Elle se réfugie devant la télévision et regarde un DVD "Chaînes conjugales" avec deux de ses enfants. Elle se projette dans la vie de ces couples qui s'exhibent à l'écran dans leur vie quotidienne, qu'elle commence à bien connaître visionnant ce film en boucle depuis 3 mois au grand dam de son mari.
MES IMPRESSIONS : Par son analyse, ce livre m'a obligé à réfléchir aussi sur ma propre vie de couple et sur les sentiments amoureux en général. Les interrogations, les conflits, les doutes, les gestes, etc sont très bien exprimés et ressentis dans ce roman. Ce que l'on pense tout bas parfois est tellement bien retraduit dans ces écrits. La réalité que vit Elsa et comment elle s'imagine au travers des personnages du film qu'elle regarde, est une intéressante démarche car elle veut imaginer des scènes de ménage où elle se retrouve avec son mari. Un des principales reproches que je ferai à cette lecture, a été pour moi une certaine lassitude au milieu du livre. La partie visionnage du film est un peu longue et on a assez vite envie de revenir à ce qui va se passer dans le couple d'Elsa. On est bien servi à la fin, le dénuement est complètement prévisible et logique car Elsa et Alexandre s'aiment de toute évidence.

Où on va, Papa ? de Jean-Louis FOURNIER

TEMOIGNAGE PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 5/5.
Quelques mots sur l'auteur : Jean-Louis Fournier est né en 1938. Il a été cinéaste, réalisateur de télévision et écrivain français. Durant sa carrière, il fut complice de Pierre Desproges. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont voici quelques titres : "Grammaire française et impertinente" en 1994, "Il a jamais tué personne mon papa" en 1999, "Les mots des riches, les mots des pauvres" en 2004, "Mon dernier cheveu noir" en 2006, "Histoires pour distraire ma psy (qui s'ennuie)" et "A la dernière cigarette" en 2007. Et en 2008 : "Où on va, Papa ?" qui fait beaucoup parler de lui.
RESUME : Un père de 70 ans qui raconte de façon originale, humoristique et sans tabou sa vie avec ses deux enfants lourdement handicapés.
MES IMPRESSIONS : Elles sont très fortes car ce père de famille parle avec une étonnante franchise et un recul certain de ce qu'il a vécu et vit encore d'ailleurs aujourd'hui. C'est non sans humour que Jean-Louis Fournier s'exprime et nous décrit la naissance de ses deux fils qui seront d'abord l'immense bonheur de devenir père pour tomber aussitôt presque en chute libre dans un vrai cauchemar dans la découverte de la différence qui touche ses enfants. Il nous raconte sa vie et la vie des ses enfants qui pour lui ne représente rien. Il se demande tout haut pourquoi il leur a donné naissance dans cet état et ce que ces enfants peuvent apporter sur notre terre. Il dit tout haut, au risque de choquer, ce que beaucoup pensent tout bas. N'ayant pas moi-même d'enfants handicapés, je ne peux pas juger ce qu'il dit mais je pense que pour une fois, il ne manie pas la langue de bois, c'est du parler vrai. J'admire son courage de vouloir partager avec ses lecteurs ce qu'il ressent parfois durement non sans une certaine violence mais le tout enrobé d'un incontestable humour peut-être aussi dérangeant. Il polémique un moment dans son livre sur le mot "anormal"et préfèrerait que l'on dise personne différente (page 104), encore un vaste débat sur notre société et sa façon de cataloguer les gens. J'ajouterai que ce livre fait réfléchir et se poser des questions fondamentales sur le sens de la vie. Pourquoi naître dans ces conditions ? Pourquoi donner la vie quand cette vie à priori ne sert à rien ? Des débats certainement très poignants peuvent s'engager mais en tant que parents d'enfants dits normaux, ai-je le droit de parler de ce sujet que je ne vis pas ? On peut compatir, aider mais on ne peut pas être à la place des familles qui vivent cela. Notre comportement, par contre, pourrait être modifié en étant plus naturel, plus ouvert et proche, spontané et bienveillant. Notre société actuelle n'est pas suffisamment armée aujourd'hui pour agir ainsi. Par ailleurs, il manque très certainement une dimension spirituelle que l'écrivain justifie par le fait qu'il est lui-même athée. Sans doute, par ce fait, il se peut qu'il n'était pas suffisamment nourri d'amour dans le sens religieux, ce qui lui aurait donné beaucoup plus d'espoir pour élever ses enfants dans ce sens-là. Récemment en discutant, j'ai appris de la bouche d'un psychologue une autre impresssion. Jean-Louis Fournier par son livre a voulu faire inconsciemment une sorte de thérapie afin de mieux vivre ce qu'il endure et en informer son entourage. Cependant il semblerait, d'après cette personne, que l'auteur n'a toujours pas accepté d'être père de ces enfants-là et qu'il se sent encore coupable. Cette culpabilité, il devrait au contraire nier son existence et aimer ses enfants tels qu'ils sont nés. Ce livre n'aurait donc servi à rien pour l'auteur lui-même par sa non-acceptation de l'existence de ses fils. Très beau témoignage néanmoins à mettre entre beaucoup de mains même des adolescents.

Les déferlantes de Claudie GALLAY

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait pas le prêt de celui-ci et les conseils de diverses personnes.
Je lui donnerai 5/5.
Quelques mots sur l'auteur : Claudie Gallay est née en 1961 à Bourgoin-Jallieu en Isère. Elle exerce le métier d'institutrice maintenant à mi-temps depuis qu'elle s'est consacrée à l'écriture de même qu'à la peinture. En 2001, elle publie son premier roman "L'office des vivants", puis en 2002 "Mon amour ma vie". En 2005 paraît "Seule Venise" qui obtient le Prix du livre CE 38 décerné par les lecteurs des comités d'entreprise. En 2006, "L'or du temps" se déroule en Normandie et pour son prochain roman "Les déferlantes" en 2008, elle décide aussi que l'intrigue se fera dans cette même région à la Pointe de La Hague.
RESUME : La narratrice est venue faire une mission de recherche ornithologique à la Pointe de La Hague. Elle rencontre Lambert un jour de grande tempête. Ce dernier est de passage dans le coin pour vendre une maison dont il a hérité. Il est scruté par tous les habitants du village de façon curieuse, son visage intrigue. La narratrice veut percer ce mystère en essayant de se rapprocher de Lambert dont elle est tombée amoureuse et des autres aussi qui ont l'air d'en savoir beaucoup plus qu'ils ne veulent bien en dire.
MES IMPRESSIONS : Ayant entendu des avis plutôt différents après la lecture de cet ouvrage, je me suis finalement classée dans les adeptes. C'est un livre captivant qui avance au gré des tempêtes et des vagues et en même temps des histoires des hommes. La Hague, lieu de l'intrigue, paraît hostile et pourtant chaque personnage y trouve ses repères et se rassure. Le livre est lent mais cette lenteur concourt à maintenir un suspens certain qui croît à chaque page tournée. L'ambiance rendue par l'auteur est étouffante car un mystère règne et au fur et à mesure on arrive à en savoir un peu plus entre tous ces êtres qui se détestent, se fuient, s'observent. Un recueil admirablement écrit qui nous donne la clé de l'énigme tout à la fin. Bon courage pour les 525 pages !

La porte des Enfers de Laurent GAUDE

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livre.
Je lui donnerai 5/5.
Quelques mots sur l'auteur : Laurent Gaudé est né en 1972. Il a fait des études de Lettres Modernes et réalise une thèse sur le théâtre, sa grande passion. En 1999, il publie sa première pièce : "Combats de possédés". Après avoir écrit plusieurs pièces de théâtre, il se lance dans l'écriture de romans. En 2002, il reçoit le prix Goncourt des Lycéens pour "La mort du roi Tsongor" et le prix des Libraires en 2003. Plus tard en 2004, il reçoit le Prix Goncourt pour "Le soleil des Scorta" et se fait connaître du grand public. Dernièrement , il fait son retour en librairie avec "Eldorado", roman qui fait partie de la rentrée littéraire 2006. En 2007, lui succède "Dans la nuit mozambique". Pour finir en 2008, il nous gratifie d'un nouveau roman "La porte des Enfers".RESUME : "La porte des Enfers" est l'histoire d'une vengeance causée par un accident terrible. Sous les yeux de son père Matteo, Pippo de Nittis meurt lors d'une fusillade dans les rues de Naples. Le couple très effondré par ce deuil va finir par se séparer. Giuliana quitte son mari car il n'a pas réussi à venger leur fils. Une rencontre va alors bouleverser sa vie qui n'en était plus une, "La porte des Enfers" va s'ouvrir pour...
MES IMPRESSIONS : Roman troublant et bouleversant. L'intrigue est haletante, une fois le livre entamé, on ne peut plus en décoller. L'ambiance est particulière comme dans toute l'oeuvre de Laurent Gaudé. Cela se passe à Naples. Les descriptions tant de l'environnement que des personnages sont admirablement exprimées. L'homme, la femme, le présumé coupable sont croqués de façon très approfondie. Leur souffrance transpire près de nous, on sent les larmes couler, le sang gicler, la douleur exploser. C'est d'une intensité forte. Ce qui m'a plu particulièrement est la description des Enfers un peu plus loin dans le livre. La vision de Laurent Gaudé nous introduit dans ce lieu sinistre, bruyant, affreux, où les âmes gravitent les unes sur les autres pour se sortir de cette masse où elles sont toutes enchevêtrées. Certains s'en sortent mieux et vont plus loin, d'autres se laissent aller sur place. La vision d'un torrent où toutes ces âmes végètent est très bien rendue. On sent l'apothéose du livre dans cette montée crescendo vers la sortie et l'issue de l'histoire. Une qualité littéraire sans précédent, l'auteur a fait ses preuves depuis plusieurs années déjà même si certains romans peuvent se révéler moins passionnants. Celui-là fait partie de mes best-sellers. A lire sans réserve, sujets à méditer. Cependant une réserve pour les personnes fragiles car c'est un roman plutôt lugubre.

La consolante d'Anna GAVALDA

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait par le prêt de celui-ci.
Je lui donnerai 3/5.
Quelques mots sur l'auteur : Anna Gavalda est une romancière française née à Boulogne-Billancourt en 1970. Suite à la séparation de ses parents, elle est envoyée en pension à 14 ans. Elle suivra une hypokhâgne et obtient une maîtrise de Lettres à la Sorbonne. Elle sera chroniqueuse dans le Journal du Dimanche, professeur de français en passant par assistante vétérinaire. En 1999, elle publie son premier recueil de nouvelles "Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part" pour lequel elle reçoit le Grand Prix RTL-Lire. Il sera plébiscité et traduit dans une trentaine de langues. En 2003, son quatrième titre "Ensemble, c'est tout" remportera aussi un vif succès auprès du public et dans le monde littéraire. Ce livre a été adapté en 2007 par Claude Berri. "La consolante" est paru en 2008. En conclusion, on peut constater qu'Anna Gavalda est une auteure à succès dans les rayons de la littérature populaire.
RESUME : Charles Balanda, 47 ans, architecte à Paris, se complait dans un rythme trépidant entre sa copine Laurence et la fille de celle-ci Mathilde avec qui il vit, et son travail qui le fait voyager à l'autre bout du monde. Lors d'une réunion familiale chez ses parents, il apprend par un courrier très succinct que Anouck la mère d'un de ses anciens amis d'enfance Alexis est morte, sans autres explications. Il veut alors retourner sur les traces de ce passé qui le hante et l'empêche de poursuivre sa vie d'aujourd'hui sans comprendre les raisons de cette disparition.
MES IMPRESSIONS : Pour moi, ce fut un roman fleuve comme un robinet qui continue sans cesse de couler avec des informations qui se succèdent les unes aux autres. On se laisse entraîner très facilement dans ce flot de nouvelles car Anna Gavalda nous maintient dans un suspens perpétuel mais tranquille. J'ai trouvé que son style lui était bien particulier avec des phrases sans sujet, des énumérations à l'infini et des tournures qui lui sont propres. Une lecture agréable mais pas un vocabulaire recherché, on est incontestablement dans le domaine populaire. Je reconnais en revanche la clarté de ce roman dans la compréhension de l'intrigue. Elle est logique dans sa chronologie, elle saute du passé au présent sans difficulté. L'imagination est aussi au rendez-vous. Ces 637 pages effectivement se lisent très vite car le suspens est omniprésent et cette lecture somme toute bien récréative.

L'inaperçu de Sylvie GERMAIN

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait car on me l'a offert sachant que j'appréciais son auteur.
Je lui donnerai 5/5.
Quelques mots sur l'auteur : Sylvie Germain est née à Châteauroux en 1954. Elle a fait des études de philosophie à la Sorbonne. En 1981, elle entre au Ministère de la Culture à la direction de l'audiovisuel et se met à écrire des contes et des nouvelles. Sur les conseils de Roger Grenier, elle écrit son premier roman "Le livre des nuits" publié en 1984. En 1989, elle est récompensée pour le roman "Jours de colère" par le prix Femina. Elle vit maintenant à la Rochelle où elle se consacre à son métier d'écrivain. Elle a un talent incontestable et a fait de sa passion un art de vivre au quotidien. En 2005, parution de "Magnus" et en 2008 "L'inaperçu".RESUME : Ce roman commence par la rencontre entre Sabine, une jeune veuve mère de quatre enfants et de Pierre, un homme solitaire déguisé en Père Noël à la sortie des grands magasins. Pierre va devenir le confident, le conseiller de la famille, l'ami. Sabine a voulu le sortir sans doute de sa misère qu'elle avait ressenti en le croisant sur sa route. Mais après une réunion familiale, Pierre va s'en aller subitement pour ne plus revenir... laissant une grande interrogation sur sa disparition, de la tristesse, un manque puis finalement l'oubli au fil du temps.
MES IMPRESSIONS : Sylvie Germain m'a une fois de plus envoûtée dans ce nouveau roman. L'intrigue naît dès le début du livre, les personnages entrent en scène les uns après les autres tout simplement. Son style est agréable et clair. Cet écrivain arrive à créer une atmosphère très énigmatique et curieuse que l'on peut découvrir au fil de sa plume. Les zones d'ombre sont longtemps mises en veilleuse. Le dénouement nous est révélé à la fin du livre mais elle prend le temps de nous l'exposer. Pierre, l'ami, le père de substitution pour certains, l'oncle célibataire pour d'autres, le camarade de jeu n'a malheureusement pas que des alliés. D'autres vont le défier et Sabine va garder une certaine distance avec lui alors que sa fille Marie, marginale dans sa personnalité, va au contraire rentrer dans l'intimité d'une relation sans pour autant connaître aussi bien que cela cet homme. Ne voulant pas vous en dévoiler trop, je pense que vous auriez intérêt à lire ce livre. Il vous apportera très certainement l'importance que peut prendre les rapports humains et leur complexité.

L'homme qui voulait être heureux de Laurent GOUNELLE

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait car on me l'a conseillé en vue d'un bilan de compétence.
Je lui donnerai 6/10.
Quelques mots sur l'auteur : Laurent Gounelle est né à l'Haÿ-les-Roses dans le Val de Marne en 1966. C'est un auteur français. Il obtient une maîtrise en sciences économiques et un DESS de commerce extérieur. Après avoir travaillé en entreprise et avoir créé la sienne "Pôle Solution" en 1997, il change complètement de cap pour un parcours initiatique formant aux sciences humaines à l'université de Santa Cruz en Californie. Il se spécialise dans le développement personnel et on le retrouve dans ses conférences à l'université de Clermont-Ferrand. L'écriture est pour lui un moyen de transmettre. Ses romans ont un pouvoir métaphorique, il souhaite que le lecteur puisse se projeter dans son personnage. Son premier roman "L'homme qui voulait être heureux" paru en 2008 sera vendu à plus de 300 000 exemplaires. Dans son oeuvre, on trouvera en 2010 "Dieu voyage toujours incognito".
RESUME : Au cours de ses vacances à Bali, un homme consulte un vieux guérisseur du corps et de l'âme qui lui ouvre les portes de la découverte de soi. Comment va-t-il réagir face à ces conseils et directives hors du commun ?
MES IMPRESSIONS : Pour mieux parler de ce livre, j'ai écouté son auteur lors d'une interview. Ce qui m'a intéressé au premier abord c'est la personnalité de cet homme, et pourquoi il en était venu à aborder la recherche du bien-être. Ce que j'ai découvert finalement, c'est que lui-même avait été très timide jusqu'à ses 20 ans environ et qu'il en avait certainement souffert. La maturité, la réussite de ses études, et petit à petit l'apprentissage de la confiance en soi, lui ont permis de sortir de sa bulle. Il s'est aperçu qu'il avait besoin des autres pour avancer mais dans un domaine qui touchait plus à la psychologie et la philosophie plutôt que le monde plus abrupte de l'entreprise à proprement parlé. C'est justement dans ce milieu-là, qu'il a observé les hommes autour de lui et qu'il a vu les soucis de chacun, l'intégration plus ou moins chaotique des uns, la difficulté à travailler ensemble pour d'autres, bref une source infinie de problèmes à résoudre pour une meilleure harmonie dans le travail. Son idée est alors venue de vouloir initier les hommes à vivre ensemble de façon plus agréable. Au lieu d'en faire une théorie sous la forme de cours, même s'il en a parlé lors de conférences, il a préféré se lancer par la littérature du roman en prenant un homme sans identité à qui il a fait subir toutes sortes de test afin qu'il s'améliore et surtout qu'il se sente mieux au bout du compte. Cette démarche semble plutôt réussir puisque lors de cette lecture, chacun a finalement envie d'être se personnage. C'est la force de ses écrits. Je veux me faire l'avocat du diable tout de même en cette fin d'explication, en ajoutant que bien sûr un grand nombre de personnes est tout à fait hermétique à ce genre de lecture et ne s'identifiera pas à ce personnage. Cette identification ne pourra pas toujours se faire car certains parleront de jeu de rôle, de manipulation à la limite du gourou qui initie ses adeptes. Pour conclure, en ayant écouté l'écrivain, j'ai trouvé un homme simple qui s'est posé beaucoup de questions sur sa propre vie, et qui a envie spontanément d'aider les autres sans de véritables prétentions mais je peux me tromper. J'attends vos avis avec impatience, n'hésitez pas.

Miserere de Jean-Christophe GRANGE


ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait par le prêt de celui-ci qui faisait partie d'une autre tournante de livres que la mienne.
Je lui donnerai 5/5.
Quelques mots sur l'auteur : Jean-Christophe Grangé, né à Paris en 1961, est tout d'abord journaliste et écrivain français. Diplômé d'une Maîtrise de Lettres à la Sorbonne, il sera rédacteur publicitaire puis parcourt le globe ce qui lui permet de réaliser ses premiers reportages. Il monte plus tard sa propre agence, L & G, qui financera ses nombreux voyages. C'est alors qu'il se lance dans une carrière littéraire qui lui réussit bien. Il démarre avec "Le vol des cigognes" paru en 1994, puis "Les rivières pourpres" en 1998 qui va le rendre définitivement célèbre. En 2000, il publie "Le concile de Pierre" qui sera adapté au cinéma en 2006. En 2003, il publie "L'empire des loups" sorti aussi au cinéma en 2005. Il est à l'origine d'une trilogie sur la compréhension du mal sous toutes ses formes avec "La ligne noire" en 2004. En 2007, "Le serment des limbes" paraît. Pour finir, parution de "Miserere". Jean-Christophe Grangé est un auteur prolifique qui semble avoir trouvé la clé du succès.
RESUME : On retrouve Wilhelm Gaets, chef de choeur, assassiné dans l'église arménienne Saint Jean-Baptiste à Paris. Des jeunes choristes mineurs ont disparu aussi. Une série de meurtres va arriver et on a pu observer toujours les mêmes caractéristiques sur chaque mort avec une perforation des tympans avec une pointe et des traces de pas autour taille 36. Deux flics Lionel Kasdan d'origine arménienne à la retraite et Cédric Volokine plutôt beau gosse devenu toxicomane vont s'occuper de l'enquête. Ils vont aller à la découverte de la maléfique chorale, appelée Asuncion et qui semblerait bien cacher une secte.
MES IMPRESSIONS : Pour le deuxième livre que je lis de Jean-Christophe Grangé, je peux dire que j'ai vraiment été séduite. Il nous entraîne au coeur de son histoire avec une grande aisance. Ces deux héros sont une fois de plus atypiques, surtout des écorchés vifs de la vie auxquels on s'attache. Ces deux personnages nous font ressentir leurs impressions. C'est un roman où la torture musicale et psychologique nous pénêtrent. Une fois que l'on rentre dans ce genre de roman, on ne peut plus en sortir. Pour finir, deux sujets pourraient être amenés à être débattus : les effets de la musique sur les êtres humains et la manipulation des hommes entrés dans une secte. Livre assez long, à ne pas mettre dans des mains trop jeunes car il y a quelques moments plutôt violents.

Le vol du Régent de Michel de GRECE

ROMAN HISTORIQUE PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre d'une autre tournante de livres que la mienne.
Je lui donnerai 4/5.
Quelques mots sur l'auteur : Avant de décrire ses origines, Michel de Grèce est avant tout un écrivain de langues française et anglaise ainsi qu'un historien. Cet auteur est le fils du Prince Christophe de Grèce et petit-fils de Georges Ier de Grèce. Il est né en 1939. Son père mourra alors qu'il n'avait qu'un an. Sa mère, la Princesse Françoise de France, est la soeur de feue la Comtesse de Paris. Il habitera successivement au Maroc, en Espagne pour finalement s'installer à Paris où sa mère meurt en 1953. De 1956 à 1960, il fit des études de Sciences Politiques puis s'engage pour 4 ans dans l'armée grecque. En 1965, il épouse Marina une roturière dont il a deux enfants. Il s'est spécialisé dans l'écriture de romans historiques en rapport avec son histoire familiale : la Grèce, la France, la Russie... Il vit aujourd'hui entre Paris et New York. Son oeuvre en condensé démarre par un premier ouvrage en 1970 : "Ma soeur l'histoire, ne vois-tu rien venir ? paru en 1970. En 2000, "La Nuit blanche de Saint-Pétersbourg" est publié. Je noterai aussi en 2004 "Mémoires insolites" et en 2005 "Le ruban noir de Lady Beresford". En 2007, "Le rajah Bourbon" que j'ai lu est dans mon blog.
RESUME : Nous sommes en septembre 1792 où le plus grand cambriolage de l'Histoire de France fait sa Une. Les joyaux de la couronne sont cachés dans le garde-meuble de la place de la Concorde : 10000 pièces précieuses et diamants dont le célèbre Régent, le plus gros diamant du monde. Une partie du magot va être partagée par une équipe de brigands bien avisés (Paul Miette le cerveau, Anne-Louise Roth espionne anglaise joaillière juive de la rue des Blancs-Manteaux, son protégé François Maugé le meilleur ami de feu son fils Alexandre mort de la siphilis prématurément et bien d'autres moins connus.). On retrouvera plus tard des pierres volées lors de ce cambriolage mais pas toutes. Elles sont exposées au Louvre actuellement et on peut admirer le Régent, le Sancy, le Rubis Côte de Bretagne, et des Mazarins. En revanche, le diamant Bleu porteur de malheur a été renommé par son propriétaire le "Diamant Hope"et surtout volé à la France par les américains.
MES IMPRESSIONS : Un roman historique qui ne laisse pas indifférent. L'intrigue est bien menée et si elle s'est passée ainsi à l'époque, on peut noter la perspicacité des voleurs et leur dextérité à manipuler les hautes sphères politiques pour embobiner tout le monde et affaiblir la sécurité sans en avoir l'air. Le magot était très important et bien mal gardé, remarque-t-on aujourd'hui. Cependant, les casses existent toujours de nos jours et malgré les moyens déployés en matière de sécurité, il y aura encore des petits malins pour découvrir les trésors bien ou mal cachés. Michel de Grèce a une écriture agréable et on sent un bon travail de recherche historique dans ses récits. J'ai apprécié ce bon moment de détente culturel et conseille à tous cette lecture.

Le roman d'Alia de Catherine HERMARY-VIEILLE

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 5/5.
Quelques mots sur l'auteur : Catherine Hermary-Vieille est une romancière et biographe française née en 1948. Elle a étudié les langues orientales et poursuivi ses études aux Etats-Unis. Elle a obtenu le Prix Femina en 1981 pour "Le grand vizir de la nuit", le prix des Maisons de la Presse pour "Amour fou" et le grand Prix RTL pour "L'infidèle". Elle alterne les biographies et les romans avec succès. Elle vit aux Etats-Unis et fait de nombreux séjours à Paris.
RESUME : Catherine Hermary-Vieille nous fait le portrait d'une femme de 78 ans, la narratrice, poussée par son fils Damien à entrer dans une maison de retraite "Les Amaryllis". Pour essayer de se libérer de cet "emprisonnement forcé" qui lui pèse, elle va écrire un roman dont l'héroïne Alia va lui permettre de retrouver une certaine forme de liberté. Le destin d'Alia la fascine puisqu'elle devient la favorite toute puissante du pacha de Marrakech, le Glaoui. Un monde rêvé qui la captive et la sort de son morne quotidien et l'aide à trouver sa véritable place.
MES IMPRESSIONS : Ce roman malgré tout très réaliste m'a beaucoup plu et m'a fait m'interroger sur le destin de chacun d'entre nous. La fin de vie n'est pas facile à gérer pour les personnages mais aussi pour les plus jeunes qui doivent trouver des solutions à leurs parents. On ne veut pas isoler les plus âgés et pourtant ils deviennent un frein au rythme de vie des plus jeunes. Dans nos familles, chaque génération se trouve confrontée à cette situation. La maison de retraite solutionne partiellement d'une certaine façon le côté pratique mais pas le côté affectif. Se retrouver uniquement entre "vieux" s'apparente à un mouroir. Tout dépend de l'animation qui tourne autour. Bref, un roman qui interpelle et qui m'a marqué même si dans l'immédiat je ne suis pas concernée. Il y a, de plus, une intrigue qui nous emmène jusqu'au bout de cette lecture agréable et simple.

Ce que le jour doit à la nuit de Yasmina KHADRA

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait dans une autre tournante de livres que la mienne.
Je lui donnerai 5/5.
Quelques mots sur l'auteur : Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohammed Moulessehoul, est né à Kenadsa le 10 janvier 1955. Il est le fils d'un père infirmier et d'une mère nomade. Dès l'âge de 9 ans, il s'engage dans l'armée algérienne pour finir 36 ans plus tard Officier Supérieur. Il décide alors d'abandonner cette carrière pour se consacrer entièrement à l'écriture à partir de l'année 2000. Il est marié et père de 3 enfants. Ils ont rejoint la France après un bref passage au Mexique et il écrit en langue française depuis 2001. Il a fait paraître plusieurs ouvrages dont "l'écrivain", "Morituri", "A quoi rêvent les loups"... Il a son style bien à lui où l'on peut trouver à la fois le dépouillement et la poésie, le lyrisme et les métaphores inattendues. Il atteint son apogée lors de la parution du livre "L'attentat"(voir dans le blog, livre paru en 2005) qui avait été retenu par les jurys Goncourt et Renaudot. En 2006, il publie "Les sirènes de Bagdad". "Ce que le jour doit à la nuit" représente le dernier roman de Yasmina Khadra. Il a reçu le prix Roman France Télévisions 2008.
RESUME : Vers les années 30, Younes est un garçon algérien sans histoire qui vivait tranquillement en famille. Soudainement, et sans véritables raisons plausibles, son père ainsi que les siens sont chassés de leurs terres et se retrouvent à la rue. Son père doit retrouver très vite du travail mais la situation est plutôt critique. Il décide, contre son gré, de confier Younes à son frère, notable d'Oran, pour préserver son avenir. A 9 ans, le jeune Younes rebaptisé Jonas par le frère commence une nouvelle vie. L'oncle veut donner le meilleur à son neveu et en particulier une excellente éducation et un avenir professionnel assuré. Les évènements en Algérie en 1950 ne vont pas faciliter la vie du jeune homme.
MES IMPRESSIONS : Dans le résumé ci-dessus, je ne parle pas d'amour et pourtant tout le roman tourne autour de ce thème. L'amour des parents pour leurs enfants, l'amour entre le garçon d'abord puis le jeune homme ensuite pour cette fillette Emilie qui lui avait laissé une rose dans un livre et qui devenue femme continue à l'aimer. Younes devenu Jonas ne reconnait pas cette jeune femme et pourtant elle appartient à son passé. Mais parfois la vie vous empêche d'être libre. Notre origine nous rend prisonnier En Algérie, on sent que la famille a beaucoup d'influence sur les enfants. Ce vent de liberté n'est pas encore là. Pour moi, ce roman a été passionnant et très émouvant. Les personnages sont très attachants et on espère toujours que tout va s'arranger comme dans un rêve. La vie, malheureusement, n'est pas un long fleuve tranquille. Pour conclure, ce livre est pour moi plein de profondeur d'âme et je le conseille amplement. Une fois le livre commencé (environ 400 pages), on ne peut plus l'abandonner.