03/01/2010

LIVRES PARUS EN 2002

1+1+1 d'Alexandre JARDIN

ROMAN PARU EN 2002
Le choix de ce livre s'est fait car on me l'a conseillé.
Je lui donnerai 7/10.
Quelques mots sur l'auteur : Alexandre Jardin est un écrivain et réalisateur français né en 1965 à Neuilly. Il est le fils de Pascal Jardin, écrivain reconnu, surnommé le Zubial par son fils. A 2o ans, il écrit son premier roman "Billes en tête" durant ses études de Sciences Politiques, il en obtient le Prix du Premier Roman en 1986. On peut relever dans son oeuvre : "Le zèbre" en 1988, "Fanfan" en 1990, "Le Zubial" en 1997, "1+1+1" en 2002, puis j'ai retenu "Le roman des Jardin" en 2005 qui figure aussi dans mon blog. J'ajouterai qu'en écrivant le Zubial, il se réconcilie avec le décès de son père qu'il adorait et qui est parti à 46 ans en raison d'un cancer (Alexandre Jardin n'avait que 15 ans). De part ses études, il s'est toujours senti concerné par l'évolution politique de son pays et lors des élections présidentielles de 2007, il crée alors un site internet pour inciter les gens à s'exprimer.
RESUME : "Un plus un plus un, il n'en faut pas d'avantage pour faire une révolution" phrase reprise dans le résumé du livre d'Alexandre Jardin. Il veut dans ce petit livre inciter les français concernés pas la politique de leur pays à réagir. Il donne des exemples de ses propres actions dans ce monde hermétique, compliqué, complexe où rien n'avance et où il a essayé de se battre contre des murs. Et pourtant, il faudrait parfois peu de choses pour avancer. Ce livre est "un outil de combat", terme aussi que je reprends de son résumé.
MES IMPRESSIONS : Alors qu'Alexandre Jardin a écrit ce livre en 2002, il reste étonnement toujours très actuel. Cela prouve que notre pays stagne purement et simplement, pas seulement dans son évolution politique mais aussi économique, juridique, sociale. Au jour d'aujourd'hui, il fait partie des pays en déclin. Rien n'est étonnant. En France, on ne peut toucher à rien sans voir les gens dans la rue quelques soient les courants politiques. Le français est un révolutionnaire (1789 reste d'ailleurs une référence, de même que 1968 plus proche de nous). D'après l'auteur, c'est inquiétant. J'ajouterai même décourageant parfois aussi. Il y a certaines mesures qui ne demandent qu'à être simplifiées et on n'y parvient même pas. Sans doute la faute à une bande de technocrates qui font les lois mais qui ne vivent pas dans la vraie vie. Il faut être dans le monde de tous les jours pour décider de ce qui est bon ou mauvais pour chacun d'entre nous. Chaque citoyen est appelé sans doute à se manifester dans des actions de bon sens et surtout à briguer une présidence pour casser tout ce système trop politique qui n'intéresse plus personne. Il faudrait une dynamique de proximité qui interpelle chacun et qui soit sur le terrain. Des personnes qui s'engagent sans discours politique mais agissent efficacement. On trouve tout ça dans ce livre, c'est pour cela qu'il m'a vivement intéressé. J'attends que vous réagissiez vous aussi.

La note sensible de Valentine GOBY


ROMAN PARU EN 2002
Le choix de ce livre a été fait dans le cadre de mon cercle de lecture.
Je lui donnerai 5/5
Quelques mots sur l'auteur : Valentine Goby est née en 1974. Elle a écrit ce roman qui a eu le Prix René-Fallet en 2003.
RESUME : Inès F., appartement 203, son héroïne, quitte le cocon familial et sa chère Normandie pour Paris. Son appartement jouxte celui d'un musicien qu'elle n'a jamais rencontré. Elle l'imagine en écoutant sa musique au travers de la cloison et s'attache à ces bruits...Mr Vandello, appartement G, ancien chanteur d'Opéra devenu violoncelliste.
MES IMPRESSSIONS : Livre très bien écrit, un vocabulaire recherché. On le lit au fil de la plume de l'auteur avec facilité et avidité. L'envie d'en savoir plus nous démange en permanence. On ne peut pas s''ennuyer, je le verrai bien produit au cinéma. Les descriptions et les paysages défilent, les sentiments se ressentent... et l'issue de ce livre est ... inattendue.
A lire absolument.

L'empire des loups de Jean-Christophe GRANGE


ROMAN PARU EN 2002
Le choix de ce livre s'est fait par le prêt et le conseil d'une amie.
Je lui donnerai 5/5.
Quelques mots sur l'auteur : Jean-Christophe Grangé, né à Paris en 1961, est tout d'abord journaliste et écrivain français. Diplômé d'une Maîtrise de Lettres à la Sorbonne, il sera rédacteur publicitaire puis parcourt le globe ce qui lui permet de réaliser ses premiers reportages. Il monte plus tard sa propre agence, L & G, qui financera ses nombreux voyages. C'est alors qu'il se lance dans une carrière littéraire qui lui réussit bien. Il démarre avec "Le vol des cigognes" paru en 1994, puis "Les rivières pourpres" en 1998 qui va le rendre définitivement célèbre. En 2000, il publie "Le concile de Pierre" qui sera adapté au cinéma en 2006. En 2003, il publie "L'empire des loups" sorti aussi au cinéma en 2005.
RESUME : Un thriller qui combine polar scientifique, polar classique et suspense politique dans une ambiance terrifiante et mystérieuse.
MES IMPRESSIONS : J'ai littéralement dévoré ce livre qui m'a vraiment plu. Il y a avait longtemps que je n'avais pas lu un roman avec autant de suspens. Cela démarre de la première page à la 456ème (lu en 3 jours !). Jean-Christophe Grangé nous plonge immédiatement dans l'ambiance sans que l'on puisse lacher le roman. Le style est agréable et clair, lecture facile. La fin est complètement inattendue et surprenante, c'est cela qui en fait aussi un excellent thriller.
Un très bon livre qu'on ne peut pas laisser de côté, à lire obligatoirement.

Le voyage d'Hector ou la recherche du bonheur de François LELORD

ROMAN PARU EN 2002
Le choix de ce livre s'est fait car on me l'a conseillé et offert.
Je lui donnerai 6/10.
Quelques mots sur l'auteur : François Lelord est un psychiatre et écrivain français né en 1953. Il a fait des études de médecine spécialisation psychiatrie et obtient son doctorat en 1985. A l'issue de ses études, il part à Los Angeles en tant que chercheur post-doctoral à l'Université de Californie. De 1986 à 1988, il est nommé chef de clinique et assistant des hôpitaux à l'hôpital Necker Université Paris Descartes. Il se met à écrire après cette expérience. Parution en 1993 de son premier livre "Les contes d'un psychiatre ordinaire". Il fait quelques essais avec Christophe André. En 2002, il publie son grand succès "Le voyage d'Hector ou la recherche du bonheur" qui dépassera le million d'exemplaires. Il vit actuellement entre Paris et Bangkok où il travaille comme psychiatre pour la fondation Alain Carpentier.
RESUME : Hector, jeune psychiatre, aimerait bien redonner le bonheur à ses patients mais il prend petit à petit conscience qu'il n'y parvient pas si bien que cela. Il décide alors d'entreprendre un tour du monde en quête de ce bonheur si difficile à capturer et comprendre.
MES IMPRESSIONS : Ce conte de fée moderne, comme je l'ai lu dans divers articles sur internet, m'a captivé certes car on est pris dans l'intrigue mais cela reste un peu trop simpliste pour moi. Je pense qu'il convient parfaitement à des personnes sensibles, qui ont besoin de réconfort et d'ondes positives. Il interpelle tout de même sur des problèmes de fond et en particulier sur l'équilibre que recherche l'homme en général pour être heureux. Les 23 leçons d'Hector commencent par la leçon 1 "Un bon moyen de gâcher son bonheur, c'est de faire des comparaisons" en passant par la leçon 15 "Le bonheur, c'est de se sentir complètement vivant" pour finir sur la leçon 23 "Le bonheur, c'est de s'occuper du bonheur des autres". Des concepts que François Lelord a dû puiser au travers de son expérience de psychiatre et psychothérapeute dans un style simple presqu'enfantin à la portée de tous et surtout pas dans son propre milieu de spécialiste médical. C'est un genre de parcours initiatique où chacun peut trouver tout de même un intérêt. Lisez-le, vous qui avez envie dans une période de crise et d'inquiétude, de trouver un peu d'humour et de gaieté.

Revenue de l'enfer - Quatre ans dans les camps khmers rouges de Claire LY

TEMOIGNAGE PARU EN 2002 (réédité en 2008)
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 5/5.
Quelques mots sur l'auteur : Claire Ly est née au Cambodge en 1946. A 14 ans, elle est pensionnaire chez les Soeurs de la Providence. En 1968, elle sera Professeur de philosophie à Phnom Penh puis directrice technique de l'Institut de khmérisation de Phnom Penh. De 1975 à 1979, elle sera internée dans les camps de Pol Pot. En 1979, elle quitte ces camps pour se réfugier en France en 1980 accompagnée de ses trois enfants. Née bouddhiste, elle s'est convertie au catholicisme et sera baptisée en 1983. En 2002 (ici, réédité en 2008), elle fait paraître "Revenue de l'enfer" et en 2007 "Retour au Cambodge".
RESUME : Retenue prisonnière avec les siens dans des camps de travail au Cambodge, Claire Ly a vécu l'enfer de 1975 à 1979 sous le commandement de Pol Pot. Son récit bouleversant raconte sa lutte incessante pour sa survie et celle de ses proches. Son courage renforcé par sa croyance en un Dieu qui vient à son secours l'aide à s'en sortir et lui donne des forces incroyables. Eduquée dans la religion bouddhiste, elle va pourtant devoir s'interroger sur l'existence de Dieu et pour finir se convertira au catholicisme après son arrivée en France.
MES IMPRESSIONS : Claire Ly a eu raison de vouloir nous faire partager cette très lourde épreuve pour elle et sa famille. Elle a perdu entre autre son mari qu'elle n'a jamais revu et avec qui elle n'a pas pu avoir un dernier contact pour éclaircir quelques irrégularités dont elle s'est aperçue plus tard. Elle a dû affronter sa survie avec un jeune enfant déboussolé, une grossesse en cours mais grâce à l'amour, elle a une raison de continuer à avancer. La cruauté des hommes entre eux la révolte mais elle fait profil bas venant d'un milieu plutôt favorisé avec qui forcément on est toujours plus dur. La volonté de démolir l'autre, de le réduire à néant est incompréhensible pour elle. La morale n'existe plus dans ce pays. Les soldats de Pol Pot font une loi pour tout démolir sur leur passage et leur perversité est sans limite. Ce qui m'a marqué dans ce livre est le courage de Claire Ly. Elle ne baissera jamais les bras, elle croit en un Dieu qui l'aide mais elle ne sait pas comment elle résiste elle-même. Cette force l'envahit malgré elle. Bien plus tard, sa conversion au catholicisme lui permettra de remercier ce Dieu qui l'a guidé tout au long de ces années dans les camps. Elle sortira alors plus apaisée en ayant sauvé ses enfants et son second mari et une partie de sa famille. Je classe ce dernier livre lu parmi mes coups de coeur car il était différent de mes autres lectures, intéressant, un témoignage poignant et plein d'espoir. De plus, son style est agréable, l'écriture fluide et naturelle.

Un homme à distance de Katherine PANCOL


ROMAN PARU EN 2002
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 4,5/5
Quelques mots sur l'auteur : Katherine Pancol est née au Maroc en 1954. A 5 ans, elle arrive en France. Elle fera une Maîtrise de Lettres Modernes et 2 ans de doctorat pour devenir professeur de français-latin puis journaliste. Elle écrit dans Paris-Match et Cosmopolitan alors qu'un éditeur la remarque. En 1979, son premier succès "Moi, d'abord" est vendu à 300000 exemplaires. Elle partira ensuite à New York où elle éditera en 1981 "Le barbare" puis les autres livres "Scarlett, si possible" en 1985, "Les hommes cruels ne courent pas les rues" en 1990, "Vu de l'extérieur" en 1993, "Une si belle image" en 1994, "Encore une danse" en 1998. Et bien d'autres encore puis ces deux derniers longs romans "Les yeux jaunes des crocodiles" en 2006 et "La valse lente des tortues" en 2008. Elle a véritablement consacré sa vie à l'écriture et souligne dans sa biographie qu'elle est mère de deux enfants.
RESUME : Un roman réalisé sous la forme d'une correspondance entre une libraire Kay Bartholdi et son client Jonathan Shields. Ils se découvrent ainsi mutuellement par l'écriture puisque Jonathan commande ses livres par ce moyen et Kay lui répond en lui proposant d'autres livres et honore sa commande. Va s'instaurer alors une conversation de plus en plus intime et charmante où l'on va découvrir de plus en plus les deux protagonistes. Mais sans raconter l'issue de ce livre, la question que l'on se pose tout au long de cette lecture est : mais comment va aboutir cette virtuelle rencontre ?
MES IMPRESSIONS : J'ai beaucoup aimé ce petit roman au style vraiment agréable. L'intrigue est grandissante et l'issue surprenante. On ne voit à première vue aucune malice à ce dialogue naissant entre deux personnes qui apprécient de partager leurs goûts littéraires. Cela rend d'ailleurs le livre beaucoup moins creux que s'ils avaient juste discuter du beau temps et des petits oiseaux. Il est vrai que j'ai déjà lu d'autres romans dans le même esprit mais pour l'instant je ne me souviens plus des titres mais si j'ai l'occasion je reviendrai là-dessus plus tard. Pour finir, je dirai que c'est un bon moment de lecture qui se lit vite et partout sans avoir besoin d'une grande concentration ce qui est parfois bien reposant aussi.

Notre histoire (1922-1945) d'Hélie de SAINT MARC et August von KAGENECK / Conversations recueillies par Etienne de MONTETY


RECIT PARU EN 2002
 Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 9/10.
Quelques mots sur les auteurs :
Etienne de Montety : journaliste, directeur adjoint de la rédaction du Figaro. Habitant de Porchefontaine, il a écrit une biographie de Thierry Maulnier (1994), d'Honoré d'Estienne d'Orves (2001), un essai sur le critique et romancier "Salut à Kléber Haedeus". Son premier roman en 2009 "L'article de la mort". Il a été l'instigateur de la rencontre entre Hélie de Saint-Marc et August von Kageneck en 1999 qui a permis l'écriture de ce livre.
Hélie Denoix de Saint Marc : Né en 1922 à Bordeaux d'une famille d'hobereaux de robe du sud-ouest, il entre dans la résistance à 19 ans et sera déporté au camp de Buchenwald en 1943 sur dénonciation. Il a embrassé la carrière d'officier et servi dans la légion étrangère en Indochine puis en Algérie. Il fut l'un des principaux acteurs du Putsch des Généraux en 1961. En 1957, il se marie à Neustadt non loin de son calvaire vécu quelques années plus tôt alors que son futur beau-père était là en garnison. Dans son oeuvre, on trouve en 1995 "Les champs de braise" co-écrit avec Laurent Beccaria et qui a reçu 5 prix, "Toute une vie" avec L. Beccaria en 2004 et quelques autres titres. Dans le livre "Notre histoire" paru en 2002, on trouvera d'autres détails sur sa vie.
August von Kageneck : Né en 1922 en Rhénanie d'une famille noble, il décédera en 2004 en Allemagne dans la région de Lübeck des suites d'une longue maladie. Son père a été aide de camp de Guillaume II et fut témoin de la montée du nazisme sans être contaminé par l'idéologie hitlérienne. August s'engagera dans la Wehrmacht d'Hitler ainsi que ses quatre frères en 1939. En 1942, il sera sérieusement blessé au visage et servira alors comme instructeur à l'école des blindés de Krampnitz. A la fin de la guerre, il se rendra aux américains. Il s'installera en France où il exerce la profession de journaliste dans le journal die Welt durant 16 ans, il se mariera en 1955 avec une veuve d'officier française. Il a oeuvré pour la réconciliation France / Allemagne. Dans son oeuvre on trouve : "Lieutenant de panzers" en 1994, "Examen de conscience" en 1996, "La guerre à l'est" en 1998, en 2002 "Notre histoire".
RESUME : Echanges écrits et discussions qui ont duré plus de deux ans entre Hélie de Saint Marc et August von Kageneck. Le livre a été élaboré grâce à l'initiative d'Etienne de Montety qui a permis la rencontre entre ces deux hommes. C'est un livre sous la forme de questions / réponses entre les deux hommes en partant du début de leur vie en 1922 jusqu'à la fin de la guerre en 1945.
MES IMPRESSIONS : Au delà de l'intérêt de ce livre, j'ai beaucoup apprécié la façon dont il a été conçu. Le dialogue entre les deux hommes se questionnant mutuellement à chaque fois sur la même période de leur vie est très vivant. Ainsi est mis en parallèle immédiatement ce que chacun vivait, savait et ce qu'il se passait autour de lui. Chacun semblait victime d'évènements totalement indépendants de sa vie et qui pourtant vont les entraîner malgré eux dans une tourmente infernale. A la base, ils auraient sans doute préféré vivre tranquillement dans leur famille respective de condition plutôt aisée. Leurs deux témoignages nous apportent plus que l'histoire de la seconde guerre mondiale à proprement parlé mais du vécu. Il fallait que leur histoire devienne notre histoire à nous aussi. Grâce aux récits de leurs expériences, ils nous révèlent à haute voix ce que les livres n'avaient pas encore révélé : la violence de la politique dans la république de Weimar des années 20, l'attitude de la société allemande face à Hitler, l'organisation de la vie quotidienne au camp de Buchenwald. August von Kageneck nous apprend que cette rencontre avec Hélie a été pour lui une nouvelle étape de son travail de réconciliation, un parachèvement. Il a été touché par la sollicitude d'Hélie de Saint Marc qui a su trouvé les mots pour ne pas abaisser le vaincu qu'il représentait. Il l'a écouté et compris. C'est un excellent exemple de pardon entre deux hommes qui serait en fait à plus grande échelle entre deux peuples. August a dit "nous sommes deux facettes d'une réalité...Nous venons d'un même monde, étranger aux mentalités d'aujourd'hui". Soudain, ils se sont retrouvés très proches. Pour Hélie de Saint Marc, il exprime cette expérience d'écrits à deux comme une sorte de testament à tous ceux qui se sont intéressés à lui et à son destin. Il a été longtemps silencieux puis après ses livres, il a à nouveau envie de retourner dans l'ombre. Ce livre est en fait l'aboutissement de toute une réflexion sur tout ce qu'il a vécu et cette rencontre clôt le débat en quelque sorte. Il a dit "Homme de guerre, j'ai aimé la paix, et c'est par elle que je veux conclure ce cycle d'écriture". J'ai appris par les réflexions de ces deux hommes que la France et l'Allemagne se sont affrontées 3 fois en moins de 300 ans mais qu'elles sont devenues des partenaires indéfectibles maintenant. Mais pour autant, il ajoute que "rien de ce qui reste à écrire ne changera le sens de leur vie". La vie les a réunis, cela a été un très grand moment qu'ils nous ont permis de partager avec eux. En conclusion, j'ai relevé aussi "Il y a un temps pour tout, un temps pour vivre, et un temps pour se battre, un temps pour aimer et un temps pour témoigner". Je finis ma réflexion par toutes ces citations, car elles résument par elles-mêmes l'état d'esprit des deux hommes. Un livre qu'il faut absolument consulter car il nous montre combien l'homme est vulnérable, fragile et influençable. On doit prendre chacun conscience que l'on ne doit pas suivre sans discernement n'importe quelle direction et écouter n'importe qui sans réagir. Mais comme dit Hélie de Saint Marc en page 277 : "J'éprouve un impérieux besoin de justice mais pas de vengeance. Le pardon face à un coupable qui ne se repent pas, ce n'est pas juste. S'il donne des signes certains de ne plus être coupable, alors je suis prêt à pardonner". Ce sera le mot de la fin.

Lorsque j'étais une oeuvre d'art d'Eric-Emmanuel SCHMITT


ROMAN PARU EN 2002
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de mon cercle de lecture.
Je lui donnerai 5/5
Quelques mots sur l'auteur : EE Schmitt est né en 1960. En 10 ans, il est devenu une référence littéraire française sur le marché international. Il a écrit de nombreuses oeuvres que je vous conseillerai même si elles sont plus anciennes : Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran (2001), Oscar et la dame en rose (2002) et L'enfant de Noé (2004).
RESUME : Ce livre est l'histoire d'un homme désespéré qui veut mettre fin à ses jours. Il va être sauvé in extremis par un artiste excentrique qui va faire de lui son oeuvre d'art sous la forme d'une statue.
MES IMPRESSIONS : J'ai beaucoup apprécié ce roman car je trouve que l'auteur, une fois de plus, nous fait découvrir un univers toujours nouveau. Son imagination dépasse l'entendement. Sa façon d'écrire est exemplaire, il emprunte à notre langue un vocabulaire riche, parfois inattendu et toujours compréhensible. On ressent toujours chez cet écrivain une quête vers des interrogations sur le sens de la vie, les croyances religieuses qui peuvent parfois ne pas plaire. Il se dit athée mais à travers ses écrits, n'est-il pas à la recherche d'un Dieu ou d'une façon de penser ? Il a une vision parfois pessimiste des choses mais l'amour est souvent victorieux, n'est-ce pas cela la finalité ?Même si son livre est subversif à certains moments, il n'en reste pas moins passionnant. Il y a toujours une évolution vers le positif même s'il y a manipulation, aliénation, souffrance, horreur, immoralité ? Je le conseille pour les personnes qui aiment s'évader dans la lecture, quitter un peu le réel.

Le chant rauque de l'absence de Marie de SOLEMNE

ROMAN PARU EN 2002
Le choix de ce livre s'est fait dans le cadre de ma tournante de livres.
Je lui donnerai 4/5.
Quelques mots sur l'auteur : Marie de Solemne est écrivain et philosophe. Elle a fait des études et des recherches en philosophie et théologie. Ses ouvrages se portent sur la connaissance de soi et de l'autre. Elle privilégie les dialogues pluridisciplinaires en se mettant à l'écoute des plus grands penseurs de notre temps.
RESUME : Aline perd son père dans un accident de voiture alors qu'elle n'avait que six mois. Sa mère grièvement blessée ne parviendra pas à l'élever et la confie aux parents de son mari décédé. Afin d'effacer cette période trop douloureuse de sa vie, elle refera sa vie de son côté alors que sa fille en grandissant va tout tenter pour la reconquérir.
MES IMPRESSIONS : Livre d'une extrême tristesse, d'une grande émotion mêlée d'un sentiment d'injustice pour cette fillette qui ne cherche que l'amour. Aline nous émeut sans cesse tout au long du roman pour amadouer cette mère qui semble avoir un coeur de pierre. On assiste à la souffrance d'un enfant qui veut aimer un papa et une maman et surtout être aimée et cajolée. Son enfance est brisée par l'abandon de ses parents, l'un par la mort l'autre par la peur du souvenir. Ce qu'il manque à tout être parfois, c'est uniquement la joie, le rire. Aline ne demande que le bonheur de vivre et c'est la douleur qui l'étreint sans cesse, la peine et l'amertume. Elle voudrait se révolter, s'exprimer juste pour être entendue et comprise puis on la rabaisse à nouveau. Marie de Solemne nous décrit admirablement ce portrait d'Aline à jamais marquée par cette vie chaotique ballotée entre des grands-parents aimants mais tellement éprouvés par la mort de leur fils vivant dans la pauvreté et la tristesse et celle d'une mère qui ne la reconnait pas comme sa propre fille mais qui au contraire bénéficie d'un train de vie aisé avec deux autres enfants qui jouent dans la gaieté et la lumière. Même si je n'ai pas mis la note maximum, j'ai apprécié cette lecture qui invite à la réflexion sur l'amour des siens.