05/01/2018

L'oubli de Philippe FOREST

ROMAN PARU EN 2018
Le choix de ce livre s'est fait car j'ai entendu son auteur le décrire et j'ai été intriguée.
Je lui donnerai 9/10.
Quelques mots sur l'auteur : Philippe Forest est un écrivain et essayiste français né à Paris en 1962. Sa famille était originaire de Mâcon : son père tout d'abord confiseur deviendra pilote de chasse durant la seconde guerre mondiale aux Etats-Unis puis pilote de ligne à Air France. Sa mère était libraire. Pour revenir à notre auteur, il est diplômé de Sciences Po et docteur ès Lettres, il a enseigné  durant 7 ans la littérature française dans des universités anglaises dont Cambridge et Saint-Andrews. Depuis 1995, il est professeur de littérature comparée à l'université de Nantes. Collaborateur de la revue Art Press, il est critique littéraire, cinématographique et artistique. Son écriture est marquée par la disparition de sa fille Pauline morte d'un cancer à l'âge de 4 ans. Lauréat de la Villa Kujoyama, il a effectué un long voyage au Japon pour rompre avec le passé. Depuis 2011, il est avec Stéphane Audeguy co-rédacteur de la Nouvelle Revue française des éditions Gallimard. Il est officier dans l'ordre des Arts et des Lettres. Dans son oeuvre, il a écrit une vingtaine d'essais consacrés à l'histoire des courants d'avant-garde sur Philippe Sollers entre autre. On compte aussi quelques romans inspirés pour certains par la mort prématurée de sa fille comme "L'enfant éternel" paru en 1997, "Toute la nuit" en 1999 et 10 ans plus tard "Tous les enfants sauf un" en 2007. Dans "Le siècle des nuages" en 2010 il évoque sa famille. Puis en 2013, il publie "Le chat de Schrödinger", "Crue" en 2016 puis "L'oubli" en 2018. Plusieurs de ses livres ont reçu des prix que je n'ai pas détaillés.
RESUME : "Un matin, un mot m'a manqué. C'est ainsi que tout a commencé. Un mot. Mais lequel, je ne sais pas." (CITATION de l'auteur)
MES IMPRESSIONS : Une prouesse littéraire ! Ce livre qui tourne autour de l'oubli d'un mot est d'une extrême finesse, jamais de répétition, de vide, de manque d'inspiration. On se demande comment l'écrivain arrive à disserter sur ce thème sans être redondant. Et il trouve toujours autre chose qui va combler cet oubli qui le taraude et qu'il n'arrive pas atteindre. Il cherche tout au long de cette histoire ce qui lui manque, ce qu'il ne parvient pas toucher, à imaginer. Il se refait l'histoire mais c'est complexe cet oubli de mot. J'ai lu une version sur internet dans un commentaire que le mot oublié serait la lettre "r" qui manque dans le mot : mort. Je n'y aurai pas pensé. Ceci pour faire réapparaître ce qui a disparu en relation avec la mort de sa fille. Cependant, je dirai que ce roman n'a rien à voir, à priori, avec sa fille même si l'on sent chez le personnage principal une certaine mélancolie et la recherche d'un bonheur et d'un plaisir enfouis. Les thèmes de la peinture et de la photographie apportent une pointe de poésie avec des descriptions de la mer vues de la chambre le plus souvent comme un cadre. L'amour est aussi présent mais de façon éphémère et mystérieuse sans attachement. Beaucoup de non-dits mais clairement expliqués quand même. J'ai beaucoup aimé ce roman mais je ne sais pas s'il peut toucher tous les lecteurs. Il faut une once de sensibilité à l'abstrait et à la réflexion philosophique, à la méditation. Ce qui m'a empêché de lui mettre 10 c'est sans doute le manque de réponse concrète que j'en attendais. Mais il est admirablement écrit, le style est extraordinaire. Je pense que c'est un roman qui va rester encré en moi par son atmosphère très spéciale que j'ai appréciée.

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