09/01/2010

Syngué sabour, Pierre de patience d'Atiq RAHIMI

ROMAN PARU EN 2008
Le choix de ce livre s'est fait par sa publicité car ayant reçu le Prix Goncourt 2008.
Je lui donnerai 5/5.
Quelques mots sur l'auteur : Atiq Rahimi est un écrivain et réalisateur afghan, né à Kaboul en 1962. Francophile, il a été étudiant au lycée franco-afghan de Kaboul. En 1984, il fuit son pays pour demander asile à la France qui accepte. Il obtient ensuite un doctorat de cinéma à la Sorbonne. En 1996, il écrit "Terre et cendres" évoquant la souffrance des hommes alors que les Talibans viennent d'envahir Kaboul. En 2001, il adapte son livre au cinéma qui reçoit un accueil élogieux à Cannes. Dans sa langue natale, il publie en 2002 "Les mille maisons du rêve et de la terreur". Puis en 2008, parait son dernier livre qui reçoit le Prix Goncourt "Syngué sabour". Il est pessimiste quant à l'avenir de son pays.
RESUME : Syngué Sabour signifie en persan pierre de patience. Cette pierre noire dans la mythologie est magique. On la pose devant soi pour déverser ses malheurs, ses souffrances,...On lui confie tout et elle absorbe tout comme une éponge jusqu'à ce qu'elle éclate pour libérer celui qui est en face d'elle. Dans ce roman, la pierre est remplacée par un homme inerte qui semble mort mais qui vit encore une balle logée dans la nuque. Il est dans un état végétatif. Sa femme reste à côté de lui pour le nourrir, le protéger et veiller avec amour sur lui. Puis, dans cette interminable veille, elle finit par lui parler et se raconter de plus en plus comme libérée des contraintes conjugales, sociales et religieuses. L'action de ce récit se situe dans un pays semblable à l'Afghanistan dans un contexte de guerre et de bombes.
MES IMPRESSIONS : Tout d'abord, j'ai finalement mis la meilleure note à ce livre alors qu'au départ je pensais être plus sévère. Ce revirement est dûe à la réflexion que je me suis faite quelques semaines après sa lecture. Ce roman m'a incontestablement marquée dans sa curiosité. Malgré son côté statique dû à l'odeur de la mort, il est pourtant sans cesse en mouvement. Il m'a aussi mise mal à l'aise dans certaines circonstances et descriptions très intimes que nous traduit la femme dans ses propos. On palpe au premier plan la souffrance de cette femme qui est au service de son mari, le soignant, le protégeant, le nourrissant pour ne pas qu'il meure. Elle tient à lui et en même temps, elle se libère progressivement. Tout un flot de paroles s'intensifie au fur et à mesure que l'on avance dans la lecture, que la femme débite dans un sentiment de plus en plus hargneux. Ces mots sont à la limite du supportable parfois, elle les veut inacceptables, indécents, remplis d'une certaine forme de vengeance, blessants, humiliants. Atiq Rahimi nous décrit admirablement ces deux personnages principaux avec une précision inouïe. Une atmosphère étouffante nous poursuit crescendo tout au long de ce livre. On sent que la marmite va exploser dès que l'on s'approche de la fin du livre. On ne peut que lire d'une traite ce récit bouleversant et dur. Je voulais juste, avant de terminer mon analyse, peut-être ajouter que l'auteur a voulu faire passer dans ce livre sans doute le combat intérieur de la femme musulmane en général face à l'intégrisme et sa place dans la société.
A la base, je ne pensais pas faire une telle description de ce livre. Les semaines de réflexion m'ont permis de mieux le comprendre et je pense ne jamais oublier ce récit car comme je l'ai déjà dit plus haut, il ne m'a pas laissée indifférente bien au contraire et restera sans aucun doute ancré dans ma mémoire.

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